13 décembre 2019
Dopage : la Russie, mise au ban

Lundi, l'Agence Mondiale Antidopage a annoncé l'exclusion de la Russie des compétitions internationales sportives, dont les Jeux olympiques, pour une durée de quatre ans. Une décision qualifiée de politique alors que d'autres nations ne sont pas les dernières à avoir recours à des produits dopants.
La nouvelle était attendue et le couperet est tombé
Lundi, l'Agence Mondiale Antidopage, l'AMA, s'est montrée particulièrement sévère à l'égard de la Russie. Soupçonnée de triche et de falsification des données de contrôles antidopage, la nation des Tsars a été exclue de tout Championnat du monde et des Jeux Olympiques pendant quatre ans, ce qui inclut les JO de Tokyo 2020 et Pékin 2022 ainsi que la Coupe du Monde de football au Qatar en 2022.
Ce n'est pas la première fois que la Russie fait face à de telles sanctions. En 2015, un système de dopage organisé par les autorités russes pour les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi avait été mis au jour conduisant à la suspension des athlètes russes sur les deux dernières éditions des Jeux. Quelques-uns ont bien été autorisés à participer à ceux de Rio en 2016 et PyeongChang en 2018 après avoir fait la preuve de leur probité mais les plus nombreux étaient restés à la maison.
La Russie victime d'acharnement ?
Une nouvelle fois, la Russie est, donc, condamnée. Une condamnation qui pourrait s'apparenter à de l'acharnement. D'ailleurs, le président russe, Vladimir Poutine, a immédiatement qualifié la décision de l’Agence mondiale antidopage de politisée et de contraire à la Charte olympique, signalant que toute punition devait être individuelle et non pas collective.
Si la Russie est régulièrement pointée du doigt pour ses prétendues pratiques antisportives, d'autres nations sont, en revanche plutôt épargnées. C'est notamment le cas de la France. Et pourtant, il y a beaucoup de choses en dire. En effet, en 2016, la France était le deuxième pays où l'AMA a recensé le plus de violations des règles antidopage avec 86 cas derrière l'Italie avec 147 cas mais loin devant la Russie, 6ème avec 69 cas.
Autre exemple révélateur : en 2014, la France occupait la 4e place du classement du nombre de cas positifs révélés par l'Agence Mondiale Antidopage, 91 sur cette seule année. Si les instances françaises font tout pour relativiser ce nombre en affirmant que les contrôles sont de plus en plus stricts, le dopage a néanmoins toujours sévi en France. L'exemple le plus célèbre... le cycliste Richard Virenque avec l'affaire Festina en 1998.
Depuis cette affaire retentissante, les scandales de dopage se font plus rares ou en tout cas sont moins mis en lumière médiatiquement. Pourtant, cette année encore, l’athlétisme français a été touché par trois grosses affaires. La marathonienne, Clémence Calvin, est accusée, avec l'aide de son mari, d'avoir refusé de se soumettre à un contrôle antidopage inopiné le 27 mars dernier. Pour sa défense, elle a affirmé que les contrôleurs s'étaient présentés comme des policiers et qu'ils l'avaient bousculée alors qu'elle tenait son bébé dans ses bras.
Autre cas, celui du champion d’Europe du 10 000 m, Morhad Amdouni, soupçonné d'avoir acheté de l'EPO et des hormones de croissance. Enfin le cas le plus emblématique est certainement celui d'Ophélie Claude-Boxberger. Contrôlée positive à l’EPO le 18 septembre, l'affaire de la spécialiste de demi-fond s'apparente à un épisode des Feux de l'Amour. En effet, l'assistant de l'athlète, Alain Flaccus, s'est accusé d’avoir injecté de l’EPO à la fille de sa compagne, alors qu’il la massait. Mais une autre version a également vu le jour. Alain Flaccus aurait également expliqué avoir agi ainsi pour provoquer le contrôle positif d’Ophélie Claude-Boxberger et l’écarter du monde de l’athlétisme et de Jean-Michel Serra, avec qui elle entretient une relation amoureuse depuis plusieurs mois. Une hypothèse plausible d'autant que la jeune femme a porté plainte contre lui pour violences sexuelles dès l’âge de 14 ans, avant de retirer sa plainte dans le souci de ménager sa mère, compagne d'Alain Flaccus. Des histoires rocambolesques… à côté, il apparaît donc plus facile de sanctionner les athlètes russes.
Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir.
