08 juillet 2023
Emeutes : Paris conteste les accusations "infondées" d'un comité de l'ONU concernant l'usage excessif de la force par les forces de l'ordre

La France a vivement critiqué samedi 8 juillet l'analyse d'un comité d'experts des Nations Unies qui avait fortement désapprouvé vendredi la façon dont les forces de l'ordre ont géré les émeutes qui ont secoué le pays. Le Comité de l'ONU pour l'élimination de la discrimination raciale (Cerd) a adopté en urgence une déclaration condamnant fermement "l'utilisation excessive de la force par les forces de l'ordre" et a également demandé à Paris de "mettre en place une législation définissant et interdisant le profilage racial".
Samedi, le ministère des Affaires étrangères a réagi avec vigueur en affirmant que "toute forme de profilage ethnique par les forces de l'ordre est interdite en France", soulignant que "la lutte contre les contrôles discriminatoires, souvent appelés 'au faciès', a été intensifiée".
"Tout comportement discriminatoire signalé fait l'objet d'un suivi, et lorsqu'il est avéré, d'une sanction administrative ou judiciaire", ajoute le texte, qui fait valoir que le policier auteur du tir mortel qui a déclenché les émeutes "a immédiatement été déféré devant la justice et se trouve inculpé pour homicide volontaire". Selon le Quai d'Orsay, "les forces de l'ordre sont soumises en France à un niveau de contrôle interne, externe et judiciaire tel que peu de pays en connaissent".
La France demande au Cerd de faire preuve de plus de prudence et de précision dans ses déclarations, regrettant leur partialité et leur manque de rigueur. Elle exprime son incompréhension face à l'absence de solidarité et de compassion envers les élus et les représentants des institutions françaises qui ont été attaqués, ainsi qu'envers les 800 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers blessés.