12 février 2020
Emmanuel Macron lance son plan handicap

Mardi, le chef de l'Etat a annoncé une série de mesures sur la scolarisation, l'accès au droit ou à l'emploi lors de la conférence nationale sur le handicap. Des propositions d’apparence ambitieuses mais loin de correspondre à la réalité du terrain.
Macron : le handicap à bras le corps ?
Mardi, à l'occasion de la conférence nationale sur le handicap à l'Elysée, Emmanuel Macron a lancé une énième opération communication, notamment pour remonter sa cote de popularité. Quinze ans jour pour jour après l’adoption de la loi sur « l’égalité des chances et des droits, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées» sous la présidence de Jacques Chirac, le chef de l'Etat a donc dévoilé une série de mesures pour simplifier et améliorer la vie des 12 millions de Français touchés par un handicap. Comme lors de chaque annonce de ce type, Emmanuel Macron a sorti l'artillerie lourde à grand renfort d'effets d'annonce notamment concernant la scolarisation des enfants handicapés.
Un objectif clair, une autosatisfaction de bons résultats et une promesse qui sera difficilement tenable en un peu moins de 7 mois malgré la volonté de mise en place d'une politique de revalorisation de la profession d'accompagnant.
Autre annonce retentissante : la mise en place d'un numéro d'appel unique, le 360 pour répondre à l'angoisse des familles et la création de 3 500 places dans les établissements spécialisés dans la prise en charge des personnes en situation de handicap. Un énième numéro vert qui dématérialise toujours plus le rapport à l’administré et qui peinera à convaincre les professionnels du secteur.
Concernant l’amélioration dans l’accès aux droits et aux aides financières, Emmanuel Macron a pris l’engagement de réduire, dès l’année prochaine, les délais d’examen des demandes pour l’allocation adulte handicapé allouant 25 millions d’euros annuels en 2021 et 2022 pour aider les Maisons départementales des personnes handicapées à gérer l’abondance des dossiers qui s’accumulent.
Par ailleurs, le chef de l'Etat a évoqué la question d'un accompagnement sexuel des personnes handicapées estimant, naturellement pour lui, qu’il ne s’agissait pas d’un sujet tabou sans pour autant s'attarder sur cette question… laissant cette épineuse question au secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapées, Sophie Cluzel. Un débat poussera inévitablement à une réflexion sur la légalisation de la prostitution alors que la France s’est engagée à combattre l’exploitation sexuelle des êtres humains.
En somme, cela reviendrait simplement à poser comme principe qu’il y a une sexualité spécifique des personnes handicapées qui réclame de fait une réponse spécifique, un principe conduisant à la mise au ban du handicap. Une ghettoïsation déjà largement répandue au quotidien, les handicapés ne pouvant pas bénéficier des mêmes services notamment des transports en communs par manque d’accessibilité. Fin 2018, seules 9 stations de métro à Paris étaient accessibles aux personne à mobilité réduite sur les 303 que compte la Capitale.
Comme souvent, les discours présidentiels ont tout de l’effet d’annonce mais deviennent une coquille vide avec en supplément des risques de conflit juridiques. Parallèlement à cette main péniblement tendue vers les personnes touchées par un handicap… le président poursuit son désormais célèbre en même temps : aider les handicapés et en même temps être favorable au dépistage pré-implantatoire de la trisomie 21… comme l’a proposé la majorité dans la loi bioéthique… une mesure qui visait tout simplement à éliminer des handicapés...
Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir.