25 octobre 2019
Espagne : le Valle de los Caídos profané (Présent)

**Présent **- A l’issue d’une bataille juridique et politique de plusieurs années, le cercueil du général Francisco Franco est sorti de la basilique du Valle de los Caídos ce jeudi, peu avant 13 heures. Il était porté par huit membres de sa famille. Puis le « caudillo » a été réinhumé auprès de son épouse, au cimetière de Mingorrubio, au nord de Madrid. Le gouvernement avait refusé un transfert à la cathédrale de l’Almudena à Madrid, jugée trop centrale, trop accessible. Une messe a été célébrée par le fils du lieutenant-colonel Tejero (tout le monde se souvient encore du geste héroïque mais désespéré de son père, au parlement espagnol, en 1981). Chasser Franco du mausolée du Valle de los Caídos avait été déclaré priorité numéro 1 par le président socialiste du gouvernement espagnol.
Nous avons tous visité un jour le Valle de los Caídos, ce site impressionnant dédié à la mémoire des victimes, de toutes les victimes, de la guerre d’Espagne, nationalistes comme républicains. La guerre civile fut, Dieu merci ! gagnée en 1939 par Franco contre l’alliance des gauches, une alliance qui allait des anarchistes de la FAI aux socialistes, en passant par les communistes du PCE et les trotskistes du POUM. Il n’est pas une famille espagnole qui n’ait perdu un ou plusieurs membres au cours de cette guerre, qui n’épargna ni les femmes ni les enfants. Anarchistes, communistes et trotskistes s’entretuèrent aussi, ce qui ne pesa pas pour rien dans le bilan humain de cette guerre, même si le « roman national » de la gauche fait silence sur ces règlements de comptes.
Par sa victoire, Franco évita donc à l’Espagne l’enfer stalinien, et sut habilement tenir son pays à l’écart de la dernière guerre. Il rétablit la monarchie, fit entrer son pays dans la modernité, et à sa mort, l’Espagne se normalisa, pour le meilleur… et pour le pire. Le pire, c’est sans doute ce que vivent actuellement les Espagnols : une invasion migratoire d’une ampleur inédite d’une part, une épuration des mémoires sans précédent d’autre part.
Gauchistes et « progressistes » semblent d’accord pour abattre la croix
En déterrant le général Franco, en profanant le site, le gouvernement espagnol prend une revanche, attendue depuis 80 ans. Il n’est pas question, pour l’heure, de chasser la famille royale, de remettre les soviets partout, de raser les églises, et de pendre les bourgeois et les curés. Cette gauche-là n’existe plus guère en Espagne, remplacée, comme en France, par un « progressisme » libéral-libertaire, au service d’élites mondialisées. Mais à défaut de la ressusciter, ses héritiers veulent effacer la trace laissée par les nationalistes.
Il reste le site, et sa croix de 150 mètres de haut, la plus haute du monde, et ce mausolée avec les dépouilles de 30 000 personnes. Les gauchistes de Podemos veulent raser le site, car la croix est visible à des dizaines de kilomètres à la ronde. Mais que faire des 30 000 corps ? Réenterrer ailleurs les républicains, et jeter les autres à la fosse commune ? Faire du mausolée un musée à la gloire de la gauche ?
L’exhumation a donné lieu à une véritable profanation. Les bénédictins qui veillent au respect du site ont été l’objet de mesures vexatoires. Les passages entre l’abbaye et la basilique ont été bloqués par des chaînes. Les moines ont été interdits d’accès et interdits de cérémonie lors de l’exhumation. Une vengeance mémorielle mesquine, mais sacrilège.