Européennes J-23 : grandes tendances et petites listes
Trois semaines seulement nous séparent des élections européennes… alors que l’attention est focalisée sur les grands partis, des petites formations tentent de se faire connaître et de porter des discours alternatifs.
Les candidatures au scrutin européen du 26 mai sont closes. A trois semaines du vote, la barre des 20 listes est franchie… 20 listes, c’était déjà le niveau atteint en 1999 lors de la dernière élection au scrutin de liste national… un scrutin à liste unique qui permet aux plus petites formations de tenter leur chance et qui favorise une certaine forme de pluralisme.
Européennes J-23 : grandes tendances et petites listes
RN et LREM en tête, devant Les Républicains
Côté grandes forces politiques, les sondages demeurent relativement stables avec en tête le Rassemblement National et le parti présidentiel (LREM) quand Les Républicains briguent la troisième place en hausse constante depuis plusieurs semaines… viennent ensuite juste en-dessous des 10 % Europe Ecologie Les Verts et La France Insoumise. Quant au Parti Socialiste et à Debout La France, ils sont tous les deux proches de la barre fatidique des 5 % qui permet d’obtenir des élus… à l’extrême gauche le PCF et Génération.s de Benoît Hamon sont donnés à 3%, l’UDI à 1 point et demi… La formation de Florian Philippot est donnée tout comme l’UPR de François Asselineau, galvanisé par sa démonstration de force du 1er mai celui-ci pourrait même envisager de dépasser la barre des deux points.
Le NPA a lui jeté l’éponge au profit de Lutte Ouvrière, probablement incapable de rivaliser face à une gauche de la gauche mieux structurée à l’image de La France Insoumise ou des communistes qui ont su faire une campagne remarquée grâce à leur très médiatique candidat Ian Brossat.
Exit aussi la liste potentielle menée par Jean Lassalle.
Une multitude de petites formations moins connues
Mais mis à part ces listes plutôt médiatisées ou en tout cas relativement connues, de nombreuses petites formations vont tenter leur chance. Alors qu’en 2014, pour la seule région capitale, on comptait pas moins de 31 listes, cette année avec le scrutin de liste nationale, ce sont plus de 20 listes qui devrait engager le combat électoral.
En 2014, dans 8 circonscriptions, 193 listes étaient présentées soit environ 24 en moyenne. Parmi celles-ci, une vingtaine avaient obtenu moins de 500 voix quand trois se situaient en-dessous de 10 suffrages.
Le grand nombre de liste en France peut paraître paradoxal aux vues de la faible participation et d’un certain désintérêt pour ce scrutin… mais ces élections sont surtout l’occasion pour des petites formations de faire des bons coups.
Côté liste alternative, il a longtemps été question de liste Gilets Jaunes mais ce mouvement populaire connaît des difficultés à se transformer électoralement, trois listes jaunes auraient été déposée dont une avec le troubadour Francis Lalanne et une avec Christophe Chalençon.
Parmi les autres petites formations, on retrouve des habitués du scrutin comme l’Alliance Royale, le Parti fédéraliste européen, le Mouvement Européen Démocratie Espéranto… des formations habituées aux élections européennes.
Cas assez emblématique, celui du Parti pirate également habitué de ce scrutin et qui vise à défendre la protection des droits et libertés fondamentales notamment dans le domaine du numérique, il insiste par ailleurs sur la nécessaire transparence de la vie politique et la lutte contre le fichage abusif… le parti Pirate avait rassemblé tout de même 40 000 suffrages il y a cinq ans et entend présenter des candidats aux élections municipales. En Tchéquie cette formation devrait d’ailleurs obtenir plusieurs élus.
D’autres petites structures tentent également leur chance, généralement pour défendre un thème particulier, c’est le cas du parti animaliste ou le mouvement Décroissance élection ou encore Allons Enfant qui vise à une plus grande représentation de la jeunesse. On retrouve aussi la Dissidence Française de Vincent Vauclin ou la liste contre le Grand remplacement de Renaud Camus et… Karim Ouchikh. Enfin au rayon bizarrerie il convient d’ajouter Legalize 2019, une liste visant à légaliser le cannabis.
La difficulté pour ces mouvements est avant tout de réunir, en France, 79 candidats… viennent ensuite les contraintes administratives puis financières : selon le Parti Pirate il faut débourser pas moins de 270 000 euros pour disposer de bulletins de vote dans tous les départements… ces partis proposent donc souvent à leurs électeurs de directement imprimer leur bulletin sur internet pour contourner ce coût.
Pour être remboursé des frais de campagne engagés, ces listes doivent atteindre 3%, un niveau improbable pour ces formations peu médiatisées. Reste que l’occasion leur est donnée de faire valoir leurs thèmes de prédilection notamment grâce à internet qui permet de donner un effet loupe à des sujets négligés ou à des thèmes peu médiatisés.
A trois semaines des élections européennes, les électeurs ont donc l’embarras du choix… Il n'est pas pour autant certain que cela encourage une plus grande participation au scrutin.