01 avril 2022
Frisson d'avril : Marine Le Pen vainqueur du second tour le 24 avril ?

Emmanuel Macron peut trembler ! Pour la première fois, un sondage place Marine Le Pen à portée de tir du président sortant pour le second tour de l’élection présidentielle. L’hypothèse est prise au sérieux, y compris par Jean-Luc Mélenchon.
Faut-il voir dans le tout dernier sondage réalisé par Elabe le signe d’un réveil des Français rendant enfin possible une victoire de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle le 24 avril prochain, ou bien une grossière manipulation visant à renforcer la position du candidat Macron en suscitant une peur non justifiée au sein de l’électorat ? Quoi qu’il en soit, en créditant la candidate du RN de 47,5 % des intentions de vote au second tour, et en la faisant ainsi entrer dans la fameuse « marge d’erreur », cette enquête d’Elabe a immédiatement suscité la panique au sein de la Macronie et d’une partie de l’opposition.
L’écart se resserre fortement
Désignée depuis des mois par la quasi-totalité des sondages comme étant la candidate la mieux placée pour accéder au second tour face à Macron, Marine Le Pen était jusque-là donnée systématiquement perdante contre le président sortant avec un écart relativement important. Or, nouveauté mercredi, selon une enquête réalisée par Elabe pour BFM TV et L’Express, la candidate du RN aurait à ce point réduit son écart avec Macron qu’elle serait en mesure de récolter 47,5 % des voix (+ 3,5 points) contre celui-ci au second tour. Un score qui, s’affole Elabe, la fait entrer dans la fameuse « marge d’erreur », comprise ici entre 1,1 et 3,1 points de pourcentage. L’inquiétude d’Elabe est d’autant plus grande que, précise l’enquête, on assisterait à une forte progression de la « cristallisation » du vote, avec 75 % (+ 6 points) des personnes interrogées se déclarant sûres de leur choix en avril, et même certains à 82 % (+ 7) pour Marine Le Pen. Enfin, s’inquiète encore Bernard Sananès, le président d’Elabe, au second tour, celle-ci « aurait pour la première fois […] un réservoir de voix avec un candidat (Zemmour) qui vraisemblablement appellerait à voter pour elle »…
Macron tente de ressusciter le « front républicain »
Immédiatement relayé sur un ton alarmant par les grands médias, ce sondage n’a évidemment pas manqué de produire son effet. Notamment sur Macron qui, en déplacement à Fouras, s’est empressé d’endosser le costume de « sauveur de la République » et d’alerter contre la prétendue « menace d’extrême droite ». En effet, s’est-il indigné, « j’ai moins entendu dire qu’elle [Marine Le Pen] est d’extrême droite. Il y a 20 ans, les médias parlaient du front républicain. » Depuis, « on a banalisé », mais « moi je n’ai jamais banalisé le Front national. Il y a un tandem d’extrême droite, que je combats ! » Pour le candidat empêtré dans l’affaire McKinsey et en baisse dans les sondages, l’occasion d’assurer définitivement sa victoire en ranimant le « front républicain » à son profit était trop bonne… Reste que, il n’est pas du tout certain que cette nouvelle manipulation atteigne son objectif. On peut en tout cas en douter après que Mélenchon, commentant mercredi le sondage Elabe, a annoncé qu’en cas de second tour Macron-Le Pen, il ne donnerait pas de consigne de vote à ses électeurs avant d’avoir consulté les 310 000 Français qui ont officiellement soutenu sa candidature sur internet. Une déclaration qui n’a d’ailleurs pas manqué de faire tousser la gauche. Notamment du côté de Ségolène Royal, soutien de Mélenchon, qui a appelé pour sa part à l’unité de celle-ci dès le premier tour.
(...) Présent