03 avril 2020
Google vous veut du bien… - Pierre Bergerault

Google ouvre la boîte de Pandore ! Depuis ce vendredi matin, le géant de l’internet a publié des rapports renseignant sur les mouvements et changements d’habitude des populations par pays ou région. Son seul objectif avoué : « aider les responsables de la santé publiques à lutter contre le covid-19 ».
Un procédé rendu possible grâce à un paramètre de géolocalisation dans le smartphone de monsieur tout le monde, qui, une fois activé, permet un véritable pistage. En échange, Google donne à celui qui accepte ces conditions un plus grand nombre de services.
Les informations ainsi collectées permettent de déterminer la fréquentation d’un lieu ou d’un autre pendant un temps donné. Google explique qu’il affichera «les tendances sur plusieurs semaines, les informations les plus récentes datant de 48 à 72 heures». Et pour protéger la vie privée des personnes suivies à la trace, le groupe assure qu’il ne divulguera ni leur emplacement, ni leurs contacts ou ni leurs mouvements… Les données seront fournies sous forme de taux. Il sera donc possible de déterminer si un lieu a vu sa fréquentation augmenter ou baisser et dans quelle proportion sans toutefois connaître le nombre de personnes concernées.
Si l’entreprise américaine affirme que son but est louable, il n’en reste pas moins que certains ouvriront quand même les yeux sur les dangers que ce procédé représente, à savoir qu’un organisme privé surveille toute la vie privée d’un individu pour s’enrichir. En effet, Google a déjà reconnu qu’il vendait les informations collectées au plus offrant, cela pouvant être une entreprise intéressée par vos habitudes de consommation ou un Etat pour se renseigner sur votre orientation politique ou autre.
Bilan de l’opération, avec la publication de ces données, Google montre sa bonne foi à ceux qui voudraient l’obliger à communiquer ses informations, comme les Etats, tout en restant maître de la situation.
Pierre Bergerault