03 juillet 2019
Haine sur Internet : le gouvernement "veut faire semblant d'agir et renforcer les moyens de la police pour défendre son image sur Internet"

Arthur Messaud, de l'association La Quadrature du Net, réagit à la proposition de loi étudiée à l'Assemblée nationale, qui prévoit de renforcer la lutte contre les propos haineux sur internet.
"Le gouvernement ne veut pas du tout régler ce problème de haine en ligne", dénonce Arthur Messaud, juriste à La Quadrature du Net, l'association de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet, mercredi 3 juillet à franceinfo. L’Assemblée nationale s’empare d’une proposition de loi qui durcit la lutte contre les propos haineux sur Internet. Il s’agit de responsabiliser les groupes comme Facebook et Google, qui devraient retirer les contenus manifestement illicites sous 24 heures sous peine de payer de lourdes amendes. "Tout ce que veut le gouvernement, c'est faire semblant d'agir d'un côté, et de l'autre renforcer les moyens que la police peut avoir pour défendre son image sur Internet."
franceinfo : Êtes-vous rassuré par les précisions apportées par Cédric O, secrétaire d’État chargé du numérique ?
Arthur Messaud : Certainement pas. Cédric O n’avait absolument aucune réponse satisfaisante à apporter sur les risques de surblocage, sur les risques de censure de contenus illégitimes, de journalistes notamment. Ça ce sont des vrais risques, des risques qu’on a déjà vus. Cette loi-là n’apporte pas de grandes nouveautés dans le fond, elle vient juste renforcer des choses qui existaient avant et renforcer les dérives de censure politique. Des censures réalisées par la police sans contrôle judiciaire.