29 novembre 2019
Immigration : et revoilà les quotas

Alors que la question migratoire demeure une préoccupation pour de nombreux Français, Emmanuel Macron lance son offensive en faveur des quotas d'immigrés professionnels. Une concertation sur ce dossier a même été ouverte jeudi en présence des syndicats.
L’éternel retour des quotas !
Jeudi 28 novembre, le ministre du Travail a reçu les principales organisations syndicales pour causer quota ! L’objectif gouvernemental, convaincre les fameux « partenaires sociaux » du bien fondé des quotas migratoires professionnels et chiffrer des objectifs secteur par secteur.
Sans surprise les organisations syndicales, CGT en tête, ont fait grise mine, celles-ci n’étant pas franchement enthousiastes à l’idée de à s’attaquer au sujet tabou de l’immigration. Ce qui n’a pas empêché le ministère du travail de se féliciter d’une réunion qui a je cite « permis d’établir une méthode de travail et un calendrier ». Le Rendez-vous est donc pris pour le mois de janvier.
Un coup de com' difficilement réalisable
Mais que sont ces fameuses "méthodes de travail" ? Concrètement, il s’agit en réalité de confier le chiffrage des besoins supposés et des offres envisagées aux services de statistiques du ministère du travail : la Dares et Pôle emploi, ces deux organismes, dont l’efficacité est sujette à caution, vont lister les emplois disponibles, métiers par métiers et régions par régions. Puis, ils vont vérifier qu'aucune personne compétente pour le poste ne se trouve déjà en France - ce qui, dit en passant, devrait déjà être fait -, avant d'établir la compétence de potentiels migrants économiques pour des postes sans travailleurs disponibles.
Une manœuvre pénible et difficilement réalisable qui en réalité correspond, comme souvent avec l’actuelle majorité, à un petit coup de communication présidentielle. Un coup de com’ pas franchement nouveau si l’on jette un coup d’œil aux prises de positions du ministre de l’Intérieur français datant, déjà, de 2005.
Monde d’avant, monde d’après… finalement les choses ne semblent pas beaucoup changer. Mais le président y tient car il le sait, il aura besoin de soutien à droite pour les prochaines élections locales et pour 2022, il est donc question de montrer un peu de fermeté ou tout au moins de détermination.
Un dialogue avec "des parlementaires et des experts du sujet"… ces fameux experts en tout genre qui servent à manier l’argument d’autorité et éviter toute contradiction… Même topo côté gouvernemental avec des déclarations tout aussi déterminées du Premier ministre Edouard Philippe
Avec plus de 10 % de main de chômage réel, avoir recours à une main d’œuvre spécifique revient à prendre les français sans emplois pour des incompétents… le fameux capital humain après lequel court le gouvernement semble en tout cas bien abstrait… et entre en contradiction totale avec les avancées juridiques sur la formation professionnelle.
En effet, les dernières évolutions en la matière étaient censées favoriser la mobilité professionnelle, la capacité de changer d’emploi ou encore de progresser. Déjà en 2018, une grosse trentaine de milliers de titres de séjour à titre économique avaient été délivrés… en reprenant à son compte l’idée de quotas. En réalité, le gouvernement ne devrait finalement pas faire grand chose, comme bien souvent, mais tente simplement d’envoyer un signal à sa droite.
Ce sujet sera abordé lors du**JT de TV Libertés** de ce soir
