06 mars 2023
L'Afrique représente seulement 2,2% du commerce extérieur français en 2022

Selon le dernier rapport de la Direction du Trésor sur le commerce extérieur (février 2023), le continent africain a acheté en 2022 pour 28,1 milliards d’euros de produits français, à comparer au total de 594,5 milliards d’exportations tricolores dans le monde. La moitié de ces ventes ont été réalisées avec l’Afrique du nord (Maroc, Algérie, Tunisie), le reste de l’Afrique ne nous achetant que pour 13,3 milliards d’euros. La Belgique absorbe 48,5 milliards de nos exportations, plus que toute l’Afrique réunie.
L’Afrique ne représente pas un eldorado pour le capitalisme français, mais plutôt une plaie : la balance commerciale 2022 est déficitaire de 10,8 milliards d’euros, en raison d’importations record s’élevant à 38,9 milliards. L’envolée des prix de l’énergie y est pour beaucoup, mais aussi les choix économiques douteux des investisseurs français.
Un rapport de la cour des comptes sur « les dispositifs de soutien à l’exportation » (octobre 2022) souligne en effet le lien entre investissements à l’étranger, désindustrialisation de la France et déficit extérieur. C’est notamment le cas de la filière automobile, avec « une internationalisation de la production qui pèse sur le commerce extérieur ». Une allusion cryptée aux décisions de Carlos Goshn, qui a fait construire en 2012 une usine Dacia au Maroc, tout en réduisant drastiquement la base industrielle de Renault sur le sol national. La cour des comptes établit le bilan désastreux de l’homme d’affaire franco-libano-brésilien : entre 2011 et 2021, l’automobile française est passée de la 2ème à la 5ème place en Europe.
Une remontada commerciale en Afrique semble exclue à court ou moyen terme. Selon les experts, les exportations françaises sont plutôt milieu de gamme et devraient dans l’idéal tendre vers le haut de gamme, alors que les besoins africains, notamment au sud du Sahara, sont basiques et donc mieux assurés par la production de masse asiatique.
En réalité, le bilan comptable de la relation franco-africaine n’est pas seulement négatif, il est aussi artificiel, voire truqué.
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