07 février 2023
[La Chronique Agora] Bienvenue dans une nouvelle ère de de protectionnisme ! L’Union européenne veut réagir aux subventions américaines de la pire façon qui soit, mais certains pays se sont heureusement déjà opposés à cette solution…
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La loi sur la réduction de l’inflation (Inflation Reduction Act/IRA) – nouveau programme de relance économique et environnementale aux Etats-Unis – est un mauvais texte de loi, et pas seulement parce qu’il augmente les subventions à l’industrie manufacturière américaine.
Les démocrates américains l’ont utilisé pour offrir leur antidote aux problèmes de pouvoir d’achat et de défis en matière d’écologie : subventions et taxes.
Cela comprend par exemple un abattement fiscal de 30% sur les rénovations domiciliaires et les batteries solaires, un crédit d’impôt de 7 500 $ (7 000 €) pour l’achat d’une nouvelle voiture électrique et une augmentation des taxes sur les producteurs de pétrole, coûts inévitablement répercutés sur les consommateurs.
En parallèle, des procureurs généraux d’Etats démocrates engagent des poursuites contre des entreprises pétrolières et gazières pour leur rôle « trompeur » dans le changement climatique, en utilisant des bases juridiques douteuses pour tenter d’obtenir des règlements importants. Dès le premier jour de son mandat, le président Joe Biden avait mis fin au projet d’oléoduc Keystone XL, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars, qui aurait permis de transporter plus de pétrole canadien et américain jusqu’au Texas pour l’exporter. En gros, les Etats-Unis s’européanisent en matière de politique environnementale.
Comment réagit l’Europe ?
Ironiquement, l’Europe n’apprécie pas que les Etats-Unis jouent ce même jeu. Les subventions de Biden faussent, selon eux, la balance commerciale entre l’Europe et les Etats-Unis, en faveur par exemple de l’industrie automobile américaine. Dans un précédent article pour La Chronique Agora, j’avais déjà abordé le fait que le protectionnisme n’aidera pas les producteurs nationaux en Europe.
Les gouvernements de l’UE s’insurgent contre l’IRA depuis des mois, et en font un sujet de discussion lors de chaque réunion bilatérale avec Biden, tout en débattant de la manière de répondre à sa guerre des subventions sur un pied d’égalité. La réalité est que, même si l’Europe voulait se mesurer aux Américains, elle ne le pourrait probablement pas.
Le ministre allemand des Finances, Christian Lindner, a heureusement redécouvert sa discipline budgétaire de faucon. Il a indiqué aux autres pays européens qu’il rejetterait toute nouvelle obligation de dette commune émise envers Bruxelles. Selon le ministère dirigé par M. Lindner, l’émission de dette dans ce contexte entraînerait une perte de confiance sur les marchés financiers internationaux et contrecarrerait le resserrement de la politique monétaire de la Banque centrale européenne, qui vise à maîtriser l’inflation.