06 juin 2023
[La Chronique Agora] Euro : la fraude de la stabilité des prix. Comment restaurer la confiance dans les monnaies, ruinée par un abus de crédit au niveau mondial ?
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Hier, nous avons vu comment l’émission monétaire excessive a progressivement fragilisé l’empire romain. Il nous reste à voir comment cela s’est terminé, et si nous devons nous attendre à subir le même sort.
L’inflation due à la cupidité ?
À la fin du IIIe siècle après J.-C., la confiance au sein de l’empire romain a disparu. S’ensuit alors une flambée des prix, la première inflation très documentée de l’Histoire.
L’empereur Dioclétien s’empare du problème et décide de contrôler les prix. C’est une constante de l’Histoire : tout gouvernement confronté à l’inflation refuse de faire amende honorable sur sa triche monétaire. Il essaie dans un premier temps de contrôler les prix, refusant la loi de l’offre et de la demande et forçant les échanges avec une monnaie dont il est désormais apparent qu’elle est avilie.
L’édit du maximum fut promulgué par Dioclétien en 301.
« Il nous plaît donc que les prix qui figurent dans le court texte ci-dessous soient observés dans tout notre Empire. Que chacun comprenne bien néanmoins que, si la faculté de les dépasser lui a été ôtée, il n’est pas interdit, dans les régions où s’observe l’abondance, de jouir de l’avantage de bas prix, dont on s’occupera spécialement lorsque la cupidité aura été complètement réprimée. »
Vous noterez, cher lecteur, que – selon l’Empereur – l’avilissement du denier n’est pas la cause première de l’inflation, mais seulement la cupidité des gens.
De nos jours aussi, ce ne sont jamais les États ou les gouvernements qui avouent être fautifs des désordres monétaires et financiers qu’ils ont occasionnés. Les autorités préfèrent désigner l’appât du gain, l’avidité, les spéculateurs, le capitalisme, les étrangers, la fraude fiscale, la conjoncture ou même le climat…
Pour parer l’inflation, l’Empereur tape fort. La peine de mort frappe les contrevenants qui auraient la mauvaise idée de ne pas respecter les prix de la longue liste de produits et de salaires établie par les grands planificateurs romains de l’époque.
Cette liste nous apprend qu’un fresquiste gagnait mieux sa vie qu’un mosaïste, que les notaires étaient payés à la ligne, les avocats à la procédure et à la plaidoirie et les surveillants de vestiaires au visiteur ! Les fonctionnaires ayant dressé cette liste semblaient aussi porter un singulier intérêt à la viande… On croirait l’ancêtre de la liste des « produits essentiels » produite par notre actuelle bureaucratie lors de l’épidémie de Covid en 2020.