22 mai 2023
[La Chronique Agora] La grande expérience financière touche à sa fin : Les banquiers centraux tentent un numéro d’équilibriste, entre stabilité financière, inflation, hausse des taux et chute des prix des actifs surévalués.
![[La Chronique Agora] La grande expérience financière touche à sa fin : Les banquiers centraux tentent un numéro d’équilibriste, entre stabilité financière, inflation, hausse des taux et chute des prix des actifs surévalués.](https://tvl.fr/upload/media/article/0001/25/70e8440f299d72b6531d7606918cc169a17e8c3f.jpg)
Nous arrivons à l’ultime étape d’une grande expérimentation financière.
Les banquiers centraux ont poussé les taux d’intérêt vers zéro, inondé le système financier de fausse monnaie puis harcelé et cajolé les banques, les gestionnaires de fonds et les investisseurs particuliers pour qu’ils spéculent dans l’immobilier ou dans des placements surévalués.
Cela a créé un cycle autoalimenté de création de crédit, de facilités de prêts, d’augmentation artificielle de la valeur des actifs qui a mené à plus de spéculation, plus de crédit et en fin de compte un amas de richesses aussi illusoires qu’imméritées.
Nous exagérons ? Pas du tout. Les banquiers centraux eux-mêmes connaissent la situation. Ainsi, la Banque centrale européenne, dans cette récente note, estime que les fonds d’investissement en immobilier (notamment commercial) sont devenus dangereux et menacent la stabilité du système financier. (NB : Le texte propose de réglementer les fonds en autorisant la suspension des remboursements pour répondre aux problèmes de liquidités. Si vous détenez des parts de SCPI, par exemple, ceci vous concerne.)
Plus de richesse fictive
Voici un graphique qui illustre ce que nous appelons la croissance de la richesse fictive aux Etats-Unis.
La ligne bleue représente la taille du patrimoine américain ; la ligne rouge représente la taille de l’économie américaine. Les deux lignes commencent à s’écarter en 1996. C’est à cette date que la grande expérimentation commence à révéler ses effets. En fait, elle a commencé en 1971 avec la disparition de l’ancrage du dollar avec l’or (fin des accords de Bretton Woods).
Elle s’est ensuite amplifiée avec le krach de 1987 et la mise en place du « put » de Greenspan. De 1987 à 1996, les crises se succèdent (junk bonds, Japon, « serpent monétaire européen », crise mexicaine) avec toujours les mêmes réponses : baisses de taux, rachats d’obligations souveraines puis lorsque cela ne suffisait plus rachats d’autres titres qui ne trouvent plus d’acheteurs sur les marchés.
Patrimoine net des ménages comparé au PIB

