23 février 2023
[La Chronique Agora] Le Japon fait tanguer les marchés : Le vrai pivot à surveiller pour anticiper un krach n’est pas celui de la Fed, mais celui de la politique monétaire de la banque centrale japonaise…
![[La Chronique Agora] Le Japon fait tanguer les marchés : Le vrai pivot à surveiller pour anticiper un krach n’est pas celui de la Fed, mais celui de la politique monétaire de la banque centrale japonaise…](https://tvl.fr/upload/media/article/0001/23/8a9c93bf0205658e72c3e4010b935a2db70683ed.jpg)
On parle du pivot de la Fed, et ce faisant on passe à côté de l’essentiel pour la stabilité mondiale : la politique des régulateurs japonais, et leur capacité à entamer une sortie de leur politique d’argent surabondant sans précipiter une crise mondiale.
Le premier ministre japonais, Fumio Kishida est solennel, comme le rapporte Bloomberg :
« A partir de maintenant, la situation dans le monde et sur les marchés va changer rapidement. […] Dans cette situation, il est important de prendre les décisions appropriées. »
Kishida comprend que le Japon doit conclure l’expérience des « Abenomics » et maîtriser l’inflation monétaire galopante de Haruhiko Kuroda, depuis le 14 février ex-gouverneur de la BoJ. On a atteint les limites.
Un candidat surprise
Il a donc fait appel au spécialiste monétaire très respecté Kazuo Ueda pour prendre la tête de la banque centrale japonaise et élaborer une stratégie de sortie. Reuters précise :
« Pour le Premier ministre Fumio Kishida, le prochain chef de la banque centrale du Japon devait symboliser une rupture avec les politiques non conventionnelles de son prédécesseur Shinzo Abe. […] La tâche délicate consistant à sortir la Bank of Japan (BoJ) d’années de taux d’intérêt extrêmement bas sans bouleverser les marchés exige une grande capacité à lire les marchés et à communiquer clairement les intentions politiques, tant au niveau national qu’international.
Kazuo Ueda, un professeur d’université de 71 ans qui a gardé un profil bas malgré de solides références en tant qu’expert en politique monétaire, a coché quelques cases importantes.
Il n’a été qualifié ni de colombe explicite ni de faucon. Il ne figurait même pas sur la liste des candidats relativement improbables proposée par les médias. »
Au dire de tous, Ueda est réfléchi, pragmatique et prudent. On s’attend à ce qu’il commence à mettre en œuvre un plan de normalisation mesurée à un moment donné cette année.
Résultat : le Japon figure en bonne place sur la liste des candidats à l’accident.
Les marchés semblaient pourtant prêts à offrir une fenêtre d’opportunité pour un début de normalisation et un abandon de la politique de contrôle de la courbe des taux. Les rendements mondiaux chutaient, le dollar s’affaiblissait, les pressions inflationnistes diminuaient et la pression sur les banquiers centraux mondiaux diminuait.