20 mars 2023
[La Chronique Agora] Où mène l'escalade des sanctions ? L’ajout régulier de nouvelles sanctions ou menaces de sanctions visant la Russie et la Chine sont loin d’avoir convaincu le monde entier…
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Les Etats-Unis ont mis en place le régime de sanctions le plus agressif qui soit, pour punir la Russie d’avoir envahi l’Ukraine.
La première série de sanctions comprenait des attaques frontales telles que le gel des comptes en dollars américains des banques et des oligarques russes. La deuxième série de sanctions a atteint le cran supérieur, via le gel des comptes en dollars de la banque centrale de Russie. Cette mesure était sans précédent, à part pour des Etats considérés comme voyous comme l’Iran, la Corée du Nord et la Syrie.
Du jour au lendemain, la banque centrale de la neuvième économie mondiale et du troisième producteur de pétrole, dont le PIB s’élevait à plus de 2 100 Mds$, s’est retrouvée exclue des systèmes bancaires et de paiement mondiaux.
Les sanctions ont été appliquées au-delà du secteur de la finance et des banques, et ont inclus des interdictions sur les exportations russes, l’interdiction d’accéder aux marchés de l’assurance des navires (comme moyen d’interdire de façon efficace les livraisons de pétrole) et des interdictions sur les exportations vers la Russie, notamment sur l’équipement de haute technologie, les semi-conducteurs et les biens de consommation populaires.
Les grandes entreprises américaines et occidentales, de Shell Oil à McDonald’s, ont été poussées à cesser leurs activités en Russie, ce que nombre d’entre elles ont fait.
Laissez-nous en dehors de ça
Mais une grande partie du reste du monde a refusé de se plier aux sanctions financières dictées par Etats-Unis et l’Union européenne. La conférence au sommet des ministres des Finances du G20, qui s’est tenue à Bangalore, en Inde, fin février, en a été la meilleure preuve.
Les sanctions financières sont difficiles à imposer. Elles nécessitent une coopération à grande échelle de la part de nombreux pays, afin d’éviter les fuites et les contournements allant à l’encontre des objectifs de ces sanctions.
Les Etats-Unis savaient qu’ils pouvaient compter sur des Etats vassaux tels que l’Allemagne, la France, le Japon et le Royaume-Uni pour accepter de mettre en œuvre ces sanctions. La conférence des ministres des Finances du G20 représentait le moment idéal pour renforcer la coopération et obtenir le consensus de pays importants tels que le Brésil, l’Inde, la Chine et l’Arabie saoudite.
La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a assisté à la conférence du G20 et a fait pression pour former un front uni contre la Russie. Elle a échoué.
La Chine, la Russie et l’Inde ont refusé d’approuver la déclaration finale proposée. Pour la deuxième fois seulement dans son histoire, le G20 n’a pas été en mesure de publier un communiqué final reflétant le consensus des participants.