17 février 2023
[La Chronique Agora] Zone de perturbation pour les banques centrales : Comment les dettes souveraines peuvent-elles absorber une inflation à 5% et la hausse des taux qui s’ensuit sans devenir complètement insoutenables ?
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Cela fait moins d’un an que la Fed a mis fin à l’assouplissement quantitatif et à peine huit mois depuis qu’elle a commencé à réduire son bilan.
La Fed de Powell a continué à injecter des liquidités dans le système, même après avoir commencé à monter les taux. Une prudence qui reflète le peu de confiance que les décideurs avaient dans leurs propres modèles. Puis, au dernier trimestre 2022, elle a suggéré le fameux pivot.
Les conditions financières se desserrent depuis plusieurs mois, contrecarrant les objectifs de la Fed. On pense maintenant qu’il n’y aura pas de récession, à peine un petit ralentissement.
Consommateurs optimistes
Il y a eu de nouvelles preuves cette semaine que des conditions financières souples opèrent leur magie. L’indice du sentiment des consommateurs de l’université du Michigan a ajouté 1,5 point de plus que prévu au fort gain de janvier pour atteindre 66,4, la lecture la plus élevée depuis janvier 2022. Les conditions actuelles ont augmenté de quatre points pour atteindre un sommet de 72,6 sur 14 mois. La composante des attentes des consommateurs a en revanche légèrement baissé à 62,3.
La dispersion des attentes entre les partis politiques est remarquable. La lecture des attentes des consommateurs est passée à 76,3 pour les démocrates, 48,5 pour les républicains et 61,7 pour les indépendants. Fait intéressant, l’enquête sur les attentes d’inflation des prix sur un an a augmenté de trois dixièmes à 4,2 %.
Et maintenant, les médias font l’éloge de responsables de la Fed – Neel Kashkari, John Williams, Lael Brainard, Susan Collins, Mary Daly, Rafael Bostic et d’autres – comme s’ils étaient de grands prévisionnistes. Ils bombardent continuellement les pages financières de la presse sur la nécessité d’avoir un « taux terminal » quelque part autour des 5,5%, incitant les autres à surenchérir avec des appels pour 6% voire, comme un expert l’a proposé la semaine dernière, 8%.
Il est temps pour la Fed de faire preuve d’humilité.
La médiocrité des prévisions du FOMC remonte à Greenspan. Plus important encore, l’ancien président de la Fed Ben Bernanke, l’ancêtre de la prospective et du QE, a proclamé que la crise des subprimes était contenue… juste avant qu’elle ne se transforme en crise financière mondiale puis en grande récession !
C’est la même équipe de Bernanke qui avait affirmé pouvoir arrêter les mesures non conventionnelles en 2011, avant d’y replonger de plus belle et pour longtemps.