05 mars 2024
La France envisage d'infliger jusqu'à 10€ de malus sur les vêtements de Shein et Primark pour contrer la "fast fashion"

Le gouvernement durcit sa position envers la "fast fashion*", envisageant des taxes allant jusqu'à 10€ par vêtement pour des enseignes telles que Shein et Primark. Des propositions de lois visant à instaurer un système de bonus-malus sont actuellement examinées par le Parlement, mettant en avant les préoccupations éthiques et environnementales liées à ces géants du textile. Si adoptée, cette mesure pourrait remodeler le paysage de la mode en France, incitant potentiellement les entreprises à réduire leur production et à encourager les achats plus durables.
Anne-Cécile Violland, député Horizon, insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’un loi “anti-Shein, Temu et Primark“, mais qu'une telle mesure pourrait sérieusement impacter les prix des géants du textile chinois, qui représentent à eux seuls 10% des émissions de gaz à effet de serre dans le monde chaque année. Rien qu’en France, le nombre de vêtements mis en vente sur les plateformes en ligne a plus que triplé en dix ans, avec 3,3 milliards de pièces par an en moyenne. À l’inverse, leur durée de vie a diminué d’un tiers.
Le ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu, estime de son côté qu'“Il y a un enjeu de souveraineté économique et de reconstitution d’une industrie textile française“.
Quoi qu'il en soit, l'idée de réduire l'emprise des géants du "fast fashion" en France implique également de considérer l'attrait des produits fabriqués localement. Bien que des initiatives existent, leur accessibilité financière reste un obstacle pour de nombreux Français, surtout en période de crise économique.
*Le fast fashion, ou mode éphémère, est un segment de l'industrie de la mode qui se distingue par un renouvellement extrêmement rapide des vêtements disponibles à l'achat, souvent plusieurs fois par saison voire plusieurs fois par mois. Cette approche permet aux détaillants de proposer des produits à la mode à des prix abordables, mais elle soulève également des préoccupations concernant son impact sur l'environnement, les conditions de travail dans l'industrie textile et la durabilité globale de la mode.