24 avril 2019
La sécurité de la cathédrale Notre-Dame en question

Une semaine après le terrible incendie qui a ravagé une partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris, les premiers éléments de l'enquête révèlent de nombreuses failles. Entre l’appel tardif des pompiers, les ouvriers qui fumaient sur le chantier, les cloches électrifiées et l'enchaînement des défaillances humaines, les responsabilités pourraient être partagées.
Si la thèse accidentelle est toujours privilégiée, une série de défaillances humaines pourrait avoir son lot de responsabilité. En effet, plusieurs failles de sécurité auraient retardé l’intervention des pompiers, le jour du drame. Alors que les investigations s’avèrent longues, complexes et techniques, une chose est désormais sûre : l'alerte a été donnée bien tardivement. Ainsi, il n'a pas fallu 20 minutes aux pompiers pour être appelés sur place, mais plutôt 35.
Si une première alarme a effectivement retenti cinq minutes après l’alerte du détecteur de fumée, celle-ci a été considérée comme une «fausse alerte». Le régisseur et un agent de sécurité de la cathédrale, envoyés sur les toits pour vérifier la véracité de l’alerte, n’auraient rien trouvé. Et pour cause, ils auraient été envoyés au mauvais endroit par un employé du PC de sécurité... Finalement, les flammes à la base de la flèche ont été localisées bien plus tardivement et les pompiers ne sont finalement intervenus que 35 minutes après les premiers signaux du détecteur de fumée.
Concernant le départ du feu, l'hypothèse privilégiée reste celle du court circuit. En cause: les moteurs des ascenseurs des échafaudages et les boîtiers électriques nécessaires aux travaux. Une piste difficilement exploitable car ces matériaux se trouvaient loin du point de départ de l’incendie. Cependant, l'explication pourrait se trouver du côté des ouvriers. En effet, interrogés par la police, certains d'entre eux ont reconnu qu’il leur arrivait de fumer sur le chantier alors que cette pratique est strictement interdite. D'ailleurs, plusieurs mégots auraient été retrouvés sur place.
Une pratique interdite loin d'être isolée au sein de la cathédrale car les failles de sécurités s'enchaînent au fur et à mesure que l'enquête progresse. Ainsi, on apprend également que des fils électriques apparents dans les combles de la cathédrale auraient été exposés à un risque de court-circuit, les cloches de la flèche seraient restées électrifiées malgré la fin des travaux, une insuffisance de colonnes sèches aurait été relevée, enfin, le plan incendie de l’édifice n’aurait pas été respecté. .. un plan mis en place par la direction régionale des affaires culturelles. Ce dispositif prévoyait notamment la mise en place d’un PC sécurité 24h/24, avec deux surveillants payés par l’État. Or, un seul homme était présent et seulement de 8 à 23 heures.
Ainsi, entre les installations électriques qui se trouvent dans les parties boisées, des ouvriers peu regardant sur les consignes de sécurité et l'Etat qui fait des économies de personnel, la responsabilité pourrait être répartie entre tous les acteurs en présence.