20 mars 2020
L’arsenal de Bercy au secours de l’économie - Pierre Bergerault

Plan de solidarité, fonds de garanties bancaires, report de charges et impôts… le gouvernement sort l’artillerie lourde pour faire face à la guerre économique déclenchée par le Coronavirus. Et cette fois, Bercy sait que la récession est inévitable et table sur -1% de croissance, ce qui reste très optimiste..
Tout d’abord, un fonds de solidarité va représenter 2 milliards d’euros sur deux mois. Il viendra en aide aux TPE et aux indépendants. 1 500 euros seront versés en mars pour les entreprises perdant plus de 70% de chiffre d’affaires par rapport à mars. Deuxième volet de ce fonds, Bercy négocie avec les grands bailleurs et les géants de l’énergie pour négocier un report du paiement des loyers et factures d’électricité. Quelque 600 000 entreprises pourraient être concernées.
En parallèle, 300 milliards € seront garantis par l’Etat pour les entreprises en demande de prêts dès la fin de la période de confinement.
L’exécutif prévoit également un «dispositif exceptionnel» pour financer 32 milliards d’euros de report de charges. Le ministre d’économie n’écarte pas l’idée de transformer ces reports en annulation pure et simple, mais au cas par cas.
Enfin, le dispositif pour les personnes en chômage technique ou partiel va coûter pas moins de 8,5 milliards.
Conséquence de quoi, le déficit sera inscrit à 3,9% du PIB pour cette année dans le projet de loi de finances rectificative qui devrait être adopté en fin de semaine, au lieu des 2,2% prévus. Le texte a d’ores et déjà été voté jeudi à l’unanimité à l’Assemblée nationale.
Pour Éric Woerth, le président de la commission des finances, la réponse du gouvernement est adaptée. Elle est d’ailleurs très largement supérieure à ce qui avait été décidé, lors de la crise des subprimes. La dette publique était alors passée de 68% en 2008 à 90% du PIB en 2012, et aujourd’hui elle a dépassé le PIB. Quoiqu’il en soit, les nouvelles mesures vont nous mettre dans la dépendance des banques et de la BCE. Alors que le ministre de l'Economie affirme qu'il faudra «repenser la mondialisation à l’aune de la souveraineté», il se livre pieds et poings liés par un pacte de sujétion à des prêteurs internationaux.
Pierre Bergerault