31 décembre 2021
László Toroczkai, maire d’Ásotthalom (Hongrie): « Les Français sont les meilleurs d’Europe en révolutions, grèves, manifestations, il est temps qu’il se mettent en branle » (Entretien)

BI - László Toroczkai est une figure politique atypique du paysage politique hongroise, y compris dans sa famille politique de toujours qu’est le « nationalisme radical » (en hongrois : nemzeti radikalizmus). S’il est surtout connu en Europe occidentale pour être le maire qui a stoppé l’immigration illégale à la frontière entre la Hongrie et la Serbie lors de la crise migratoire de 2015, son parcours antérieur n’en est pas moins riche. Né en 1978, il a commencé son parcours politique à la fin des années 1990 en rejoignant le parti politique nationaliste de l’époque, le MIÉP, dont il fut le candidat aux élections législatives de 1998. Par la suite, il est correspondant de presse hongrois pour suivre le conflit au Kosovo. En 2001, retiré de la vie électorale, il fonde un mouvement politique de jeunes, le HVIM, qui rassemble des jeunes nationalistes hongrois en Hongrie, mais aussi au-delà, en raison de la présence d’importantes minorités hongroises dans les pays voisins (Roumanie, Serbie, Slovaquie, Ukraine), ce qui lui vaut plusieurs interdictions de territoire dans les pays voisins de la Hongrie. En 2006, il est le meneur des émeutes nationalistes contre le gouvernement de gauche libérale qui secoue la Hongrie à l’automne [à ce sujet, revoir le documentaire de nos confrères de TV Libertés].
En 2010, Toroczkai devient élu départemental dans le comitat de Csongrád, sous les couleurs du parti nationaliste Jobbik (qui a émergé dans le sillage des événements de 2006), tout en ne prenant pas sa carte au parti. Fin 2013, il conquiert la mairie de Ásotthalom, commune de près de 4000 habitants frontalière avec la Serbie. À cette période, les vagues de migrants en provenance des Balkans s’intensifient, et il se retrouve en première ligne des événements, gagnant en visibilité à l’échelle nationale [notamment via un clip spectaculaire ayant été vu près de deux millions de fois sur YouTube] pour avoir été le premier à demander la construction d’un grillage frontalier.