16 juin 2023
Le bras de fer entre Elon Musk et la Commission européenne s'intensifie autour de la liberté d'expression

Un conflit majeur a éclaté entre Elon Musk, le célèbre entrepreneur et défenseur de la liberté d'expression, et la Commission européenne, représentée par Thierry Breton, commissaire européen en charge du marché intérieur. Le point de discorde réside dans les politiques de censure mises en place par l'Union européenne, qui sont perçues par Musk comme des instruments "restrictifs" contre la liberté d'expression.
Le différend prend ses racines dans le code des bonnes pratiques de l'UE contre la désinformation, un document élaboré en 2018 dans le but de prévenir la propagation de fausses informations. Ce texte, initialement volontaire, est devenu obligatoire pour les géants du numérique tels que TikTok, Meta (anciennement Facebook), Google, Twitter et Microsoft. Il exige une coopération renforcée avec les vérificateurs de faits et interdit la publicité sur les sites diffusant de fausses informations. Plus tard, ce code a été renforcé par l'adoption du règlement européen sur les services numériques en octobre 2022.
Les fact-checkers agréés jouent un rôle central dans ce processus de vérification de l'information. Parmi eux, le Poynter Institute for Media Studies occupe une position de premier plan, influençant les pratiques mondiales en matière de vérification des faits. D'autres partenaires clés comprennent les Décodeurs du Monde, Check News de Libération, l'AFP Factuel, les Observateurs de France 24 et Fakes off de 20 minutes. Cependant, certains critiques soulignent que ces fact-checkers sont fortement liés aux médias mainstream de tendance libérale-libertaire, suscitant des inquiétudes quant à leur impartialité.
Elon Musk a récemment décidé de se retirer du groupe des bonnes pratiques, invoquant la défense de la liberté d'expression comme principale motivation. Cette décision a été vivement critiquée par Thierry Breton, qui a reçu le soutien du ministre délégué au numérique français, Jean-Noël Barrot, dont le rôle dans ce domaine était jusqu'alors peu connu. Barrot affirme que des réseaux sociaux comme Twitter jouent un rôle crucial dans le débat public, mais il craint qu'ils ne soient pris en otage par des promoteurs de la désinformation, ce qui pourrait nuire à la démocratie.
Ce bras de fer entre Elon Musk et la Commission européenne reflète un débat plus large sur la liberté d'expression et la responsabilité des plateformes numériques. Alors que certains soutiennent que des mesures de censure sont nécessaires pour lutter contre la désinformation et les discours haineux en ligne, d'autres considèrent que cela risque de limiter la libre circulation des idées et de favoriser la concentration du pouvoir entre les mains des grandes entreprises technologiques.
L'issue de ce conflit reste incertaine, mais il met en lumière les tensions croissantes entre les défenseurs de la liberté d'expression de plus en plus influents et les partisans de la régulation et de la censure sur Internet.