06 avril 2020
Les effets en trompe-l’oeil du confinement sur les crimes et délits - Thibault Bastide

La criminalité n’échappe pas à l’épidémie de Covid-19. A en croire les chiffres publiés ce lundi par le ministère de l’intérieur, les crimes et délits enregistrés par la police et la gendarmerie au mois de mars ont reculé en moyenne de 45% pour la majorité des indicateurs. Dans le détail, la baisse la plus importante concerne les vols sans violence contre les personnes (-51%), suivis par les vols violents sans arme (-45%), les cambriolages de logements (-44%) et les vols avec arme (43%). Viennent ensuite les vols de véhicules et les coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans et plus.
Si le confinement a un effet positif sur les statistiques, il faut en revanche prendre ces chiffres avec des pincettes. En effet, le confinement a fortement influencé les conditions de dépôt de plainte pour les victimes et les forces de sécurité. Par ailleurs, tous les indicateurs ne sont pas au vert. C’est notamment le cas des homicides.70 faits y compris coups et blessures suivis de mort ont été enregistrés en mars après 70 en février et 78 en janvier. En revanche, la part des violences intrafamiliales explose. Selon le ministre de l'intérieur, Christophe Castaner, les violences conjugales ont augmenté de 32% en zone gendarmerie et de 36% dans la zone de la préfecture de police de Paris pendant la première semaine de confinement.
En réponse, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un dispositif d’alerte dans les pharmacies pour aider les femmes violentées à avertir les forces de l’ordre. Il est également possible d’envoyer un SMS d’alerte au 114 pour déclencher l’intervention de la police ou de la gendarmerie.
Thibault Bastide