04 juillet 2019
Le coq Maurice a-t-il le droit de chanter le matin? À la justice de trancher

Ce 4 juillet se tient à Rochefort (Charente-Maritime) le procès de la propriétaire d’un gallinacé jugé trop bruyant par ses voisins, un couple de retraités possédant une résidence secondaire sur l’île d’Oléron.
Lui, c’est Maurice. Quatre ans d’existence, 2,5 kilos de chair et de plumes, et un chant perçant dont il use avec bonheur dès les petites heures de la matinée - en somme, un coq plutôt banal. Pourtant, il est devenu une figure, sur son île d’Oléron comme dans le reste de la France, en raison d’un conflit de voisinage d’ampleur grandissante. Sa célébrité devrait atteindre son paroxysme ce jeudi à l’occasion du procès à Rochefort (Charente-Maritime) de sa propriétaire pour «trouble anormal de voisinage» à la suite d’une action civile lancée par des voisins excédés par les vocalises matinales de l’animal.
Ces voisins, des retraités de Haute-Vienne propriétaires depuis 2004 d’une résidence secondaire à Saint-Pierre d’Oléron, entament les hostilités au printemps 2017 avec des courriers de plus en plus fréquents, puis des visites d’huissier. En réponse, la propriétaire du gallinacé, Corinne Fesseau, lance une pétition intitulée «Il faut sauver Maurice le coq de l’île d’Oléron», qui rassemble aujourd’hui près de 120.000 signatures. «Que doit-on interdire? Le chant des tourterelles, le cri des mouettes, les oiseaux tous les matins qui gazouillent?», s’indigne la sexagénaire, connue localement pour sa forte personnalité.