12 décembre 2019
Le métier de boucher est-il en voie de disparition?

Victimes d'une campagne de dénigrement de la part de militants végans, certains bouchers contre-attaquent et font valoir une consommation raisonnée. A savoir manger moins et mieux.
"Manger trop de viande est mauvais pour la santé". Depuis plusieurs années, les opérations de communication et les slogans contre la consommation, parfois excessive, de produits carnés ne cessent d'alimenter l’actualité. Résultat, les Français consommeraient de moins en moins de viande. Selon le centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie, la consommation a baissé de 12% en dix ans. Une chute vertigineuse causée notamment par les scandales sanitaires impliquant l'industrie carnée, de la vache folle dans les années 1990 aux différents épisodes de grippe aviaire depuis 2006, sans oublier les lasagnes industrielles à la viande de cheval.
Un secteur mis à mal par ses propres erreurs mais également par l'émergence des tendances végétariennes et végans. Parmi ceux-ci, des associations et lobbies, multiplient les opérations coup de poing hystérisant les débats. Ces derniers mois, des boucheries ont été attaquées en France, à coups de jets de pierres ou de peinture par des militants se revendiquant de la cause animale.
Un acharnement contre les boucheries indépendantes alors qu'elles ne représentent que 20% des ventes annuelles de viande, contre 60% pour les grandes surfaces mais ces dernières disposent de vigile qui effraie les militants de la cause animale.
Face à ces extrémistes du véganisme, certains professionnels du secteur se défendent en affirmant lutter également pour le bien-être animal. c'est notamment le cas de Romain Lebœuf, élu meilleur ouvrier de France. Une bête bien élevée pour une viande de meilleure qualité. Face à la défiance grandissante et alors que semble révolu le temps de la viande à tous les repas, les acteurs de la filière n'ont d'autre choix que de jouer la carte d'une consommation raisonnée.
Chacun pourrait donc y trouver son compte et les amateurs de viande semblent prendre ce chemin lorsqu’ils en ont les moyens. Les moins riches devront se contenter de viandes de moindre qualité ou de légumes.