20 novembre 2019
Le Plan d’urgence du gouvernement suffira-t-il à ranimer les hôpitaux ?

Ce mercredi matin, le Premier ministre Edouard Philippe et Agnès Buzyn, ministre de la Santé, ont dévoilé les mesures censées apaiser le secteur hospitalier, en crise depuis près d’un an.
Des annonces homéopathiques
Un cautère sur une jambe de bois. Voilà comment pourraient se résumer les annonces faites par Edouard Philippe pour sauver l’hôpital de la crise. Alors que le secteur est vent debout depuis près d’un an avec des conditions de travail toujours plus difficiles, le gouvernement a fait comme à son habitude, et déroulé un plan de communication pour tenter de sauver les meubles avant la grande mobilisation prévue pour le 5 décembre.
Principale annonce de la conférence de presse, une reprise partielle de la dette des hôpitaux.
Si la décision est présentée comme un moyen de redonner une marge de manœuvre de 800 millions d'euros par an aux hôpitaux pour réinvestir dans les nouvelles technologies, la mesure apparaît en réalité bien cosmétique. En effet, si l’Etat français emprunte à un taux négatif, les établissements hospitaliers font quant à eux les frais d’importants intérêts. L’idée de segmenter la dette globale de 30 milliards surprend donc au point d’imaginer que le gouvernement veut peut-être éviter aux organismes financiers un manque à gagner trop important sur leur manne en provenance des hôpitaux publics.
L’annonce du déblocage d’un budget d’un milliard et demi sur trois ans pour l’assurance maladie, 300 millions en 2020 puis 600 millions les deux années suivantes, est également à relativiser. En effet, le budget pour l’an prochain était déjà annoncé pour un peu plus de 205 milliards, ainsi le “coup de pouce” représente 0,15% d’augmentation... Une augmentation à rapprocher de la hausse du tarif des soins de 0,2% annoncée également par Edouard Philippe ce mercredi.
Au rang des avancées sociales, pas de révolution non plus mais un traitement dissocié entre les personnels franciliens et les autres. En effet, pour prendre en considération les coûts de la vie en région parisienne, le gouvernement a consenti à une prime de 800 euros annuels pour les salaires inférieurs à 1900 euros, soit 67 euros par mois… De même, la prime à discrétion de la direction des hôpitaux pour les personnels motivés devrait représenter une trentaine d’euros par mois.
Une étude sur le fonctionnement des hôpitaux sera également menée par le professeur Olivier Clarisse pour la fin du premier trimestre 2020. Du pain sur la planche qui s’annonce donc puisque les questions qui fâchent ont jusqu’ici été balayée sous le tapis. Aucun mot ni d’Agnès Buzyn, ni d’Edouard Philippe n’a été prononcé sur les actes inutiles ou redondants qui représentent quelques 60 milliards d’euros par an… De même, les dépenses relatives à l’immigration massive n’ont pas été évoquées, à l’instar des questions de fraudes à la sécurité sociale.
Ainsi, il aura suffi que quelques heures pour que le collectif Inter-Urgences réagisse à ces annonces. Pour l’intersyndicale, le gouvernement ne répond pas aux problèmes quotidiens des hospitaliers… et la participation au mouvement du 5 décembre est de plus en plus envisageable.