24 septembre 2021
Le poids de la dette française : une constante

L’INSEE nous indique que la dette française a bondi à 2762 milliards d’euros, en hausse de près de 24 milliards après une première hausse de 89 milliards en mars 2022. Cette dette pèse quelque 115 % de notre PIB, et, depuis la crise sanitaire, elle a fait un bond de 380 milliards par rapport à fin 2019.
Le covid a en effet coûté très cher à la France, l’Etat devant mobiliser des sommes colossales afin de soutenir l’économie. Avec l’annonce d’autres dépenses nouvelles, comme le plan d’investissement de 30 milliards d’euros, le poids de notre dette n’est pas près de baisser, mais, d’après Bercy, devrait se stabiliser aux alentours de 115 % du PIB, ce qui est malgré tout colossal.
Si Bruno Le Maire pense voir la dette covid amortie d’ici 2042, grâce à “des réformes de structure, la croissance et une règle pluriannuelle de dépense publique”,** le maire LR de Cannes, David Lisnard**, lui, ne s’en laisse pas compter et avertit “le réveil sera douloureux si nous persistons dans cette voie”. Les dépenses du budget de l’Etat vont être le double de ses recettes, et tout un chacun aura compris la difficulté de maintien de l’exercice.
Pour David Lisnard, “on ne décide plus, on dépense, c’est l’abdication totale de la décision politique. Et*** l’on dépense avec d’autant moins de retenue que l’on approche de l’échéance présidentielle****.”*
On rappelle que** l’endettement public de la France est de 98% de son PIB**, quand la moyenne européenne est de 77% et celui de l’Allemagne de 59,8%. Tandis que les deux-tiers des pays européens sont en excédent budgétaire,** la France est, avec la Roumanie, le seul pays avec un déficit égal ou supérieur à 3%** et le seul pays avec l’Italie à ne pas avoir enrayé la progression continue de sa dette publique.
La conjonction de l’aide massive apportée à une économie mise à mal, de façon sans doute exagérée, par le covid-19 et du non-engagement des réformes prévues, fait peser sur la France, et surtout sur les générations à venir, un poids tout à fait anormal et constitue un enjeu éthique : il est immoral de vivre aux dépens de la jeunesse, et des générations futures, en leur faisant supporter le remboursement d’une dette à laquelle elles n’auront jamais consentie et qui va bien évidemment limiter nos marges de manoeuvre et notre capacité à rebondir économiquement.
C.H