23 septembre 2022
Les coûts élevés de l'énergie poussent les entreprises à quitter l'UE, rapporte le Wall Street Journal

Le Wall Street Journal rapporte que de nombreuses entreprises des secteurs de la métallurgie et de la chimie, entre autres, se délocalisent aux États-Unis, afin de fuir la flambée des prix de l'énergie ainsi que la pénurie de gaz en Europe.
Selon le journal, les entreprises sont attirées par le fait que, malgré une inflation élevée, les prix du gaz aux États-Unis restent relativement bas, tandis que Washington, contrairement à Bruxelles, n'a pas menacé d'introduire le rationnement du carburant pour lutter contre la crise énergétique, une mesure qui pourrait s'avérer mortelle pour de nombreuses industries. Washington a également récemment promulgué une loi sur le financement des projets d'énergie renouvelable, ainsi que sur l'industrie américaine des semi-conducteurs, que de nombreuses entreprises trouvent intéressante.
Lundi, des rapports ont révélé que le constructeur automobile allemand Volkswagen envisageait de délocaliser la production de ses usines en Allemagne et en Europe de l'Est. Avec le bijoutier danois Pandora, Volkswagen a annoncé son expansion aux États-Unis plus tôt cette année. Le sidérurgiste luxembourgeois ArcelorMittal a récemment déclaré qu'il allait réduire la production de ses usines allemandes et concentrer ses efforts sur une installation au Texas. L'entreprise chimique OCI, basée à Amsterdam, a également annoncé ce mois-ci qu'elle allait agrandir son usine d'ammoniac aux États-Unis.
Les entreprises américaines ont également réduit leurs effectifs en Europe. Tesla a récemment déclaré qu'elle mettait en pause ses projets de fabrication de cellules de batterie en Allemagne, tandis que la JPMorgan Bank envisagerait de fermer son siège de Francfort en raison de la menace de perturbations des échanges en cas de pannes d'électricité.
Pour rappel, les prix du gaz européen ont grimpé de plus de 400 % à leur point culminant en 2022, les contrats à terme sur le gaz au hub TTF aux Pays-Bas ayant atteint 346 euros (353 dollars) par mégawattheure en août. Depuis, les prix ont baissé car les sites de stockage de gaz européens ont signalé qu'ils étaient presque pleins, l'indice de référence européen s'échangeant autour de 187 euros par mégawattheure lundi. Toutefois, l'incertitude concernant l'approvisionnement russe persistant, les experts du marché préviennent que les prix du gaz pourraient bientôt remonter.