17 octobre 2019
Les radars en perte de vitesse !

Pour la première fois, les recettes des radars automatiques ont baissé en 2018. Si le délégué interministériel à la sécurité routière se réfugie derrière la crise des gilets jaunes, les causes sont en réalité bien plus nombreuses.
Un véritable manque à gagner pour l'Etat
C'est une première depuis leur mise en circulation, les radars automatiques ont moins rapporté en 2018 que l’année précédente. C'est en tout cas la conclusion du rapport dévoilé lundi par le ministère de l'intérieur. Après avoir considérablement augmentées depuis 2011, passant de 642 millions à un peu plus d'un milliard d'euros en 2017, les recettes liées aux radars ont donc chuté pour atteindre 864,4 millions d’euros en 2018. Un manque à gagner pour l'Etat qui avait tablé sur une recette équivalente à celle de l'année passée.
Ainsi, le délégué interministériel à la sécurité routière, Emmanuel Barbe, a évidemment ciblé les gilets jaunes pour expliquer cette chute. S'il est vrai que les manifestants ont sérieusement endommagé le parc de radars, plus de la moitié de ces appareils qui maillent le territoire ont été mis hors service lors de cette crise, cela ne suffit pourtant pas à expliquer cette chute de près de 200 millions d'euros. D'autant qu'il s'agit du bilan 2018 et la crise des gilets jaunes n'a débuté qu'à la mi-novembre. Il apparaît donc un peu facile de se réfugier derrière ce phénomène. D'ailleurs, Emmanuel Barbe a concédé une baisse de recettes de 40 millions d'euros au premier semestre 2018. Cette première baisse est expliquée par l’effet, “avec un décalage”, de l’obligation donnée à l’employeur depuis le 1er janvier 2017 de dénoncer ses salariés coupables d’infractions routières.
Les automobilistes ont levé le pied
Surtout , le faible bilan des radars résulte d'un changement du comportement des automobilistes qui sembleraient, à en croire le document de l’exécutif, avoir levé le pied. En effet, la vitesse moyenne des véhicules de tourisme aurait légèrement baissé. Elle s’établirait à 79,6 km/h en 2018 contre 80,8 km/h en 2017, une légère baisse mais suffisante pour éviter les flashs sur les routes secondaires limitées à 80 km/h. Si sur ce point, le gouvernement peut se féliciter de sa mesure pour le moins controversée, en réalité son effet ne se fait pas réellement sentir sur les chiffres de la sécurité routière. En effet, le taux de mortalité sur les routes a fortement augmenté à l’été 2019: +17,9% en août 2019 par rapport au même mois l’année dernière. De janvier à août 2019, la hausse a été de 1,7% par rapport à 2018.
Moins de recettes, mais plus de morts sur la route
Bilan : moins de recettes et plus de morts, soit l'inverse des prévisions gouvernementales. Et la chute des recettes devraient être encore plus importantes en 2019, année où les gilets jaunes ont eu un réel impact sur le parc de radars. D'ailleurs, l'exécutif ne se fait guère d'illusions et mise sur des recettes comprises entre 500 et 600 millions d’euros cette année, loin du milliard attendu avant le début de mouvement. En revanche, il pourrait se refaire la cerise en 2020, le projet de loi de finance table sur une légère remontée à 729 millions d’euros. Une remontée qui s'expliquerait par un rééquipement du parc des radars. A moins qu'une nouvelle crise sociale ne vienne bouleverser les plans gouvernementaux…
Vous l’aurez compris, les radars sont avant tout présent pour soutirer de l’argent et leur gestion ressemble plus à un plan commercial qu’à une lutte réelle contre des comportements dangereux. S’agissant des morts sur la route, le rétablissement d’une voirie de qualité paraîtrait probablement plus utile que toutes les mesures coercitives imaginées par les gouvernements successifs...
Ce sujet sera abordé lors du**JT de TV Libertés** de ce soir