20 février 2019
Les transports en commun, cet autre désert français

On parle souvent des « déserts médicaux » qui frappent de plus en plus de régions françaises, mais il n’y a pas que la santé qui interpelle nombre de nos concitoyens : les transports en commun deviennent pour beaucoup des casse-tête quasi quotidiens.
Ainsi, dans les départements de l’Ouest et du Sud-Ouest, le nombre de Français qui utilisent leur voiture pour aller travailler est de… 85% : « La voiture était en 2015 le mode de transport principal de sept Français sur dix pour se rendre au travail », selon une étude de l’Insee rendue publique le 13 février dernier. Et la même étude d’indiquer que si « à Paris, 68,6% des salariés utilisent les transports en commun contre 10,7% la voiture, (à) Lyon, seule “ville-centre” de province dans ce cas, 40,7% des salariés ont recours aux transports en commun contre 34,9% la voiture. »
Et plus on s’éloigne du centre, plus la part de la voiture augmente, conclut l’étude car « dans les territoires faiblement urbanisés (…) le Cantal, la Creuse, la Lozère, la Vendée et le Gers, “moins de 2% des salariés” ont recours (aux transports en commun). » Il faut dire que ceux-ci fondent en province comme peau de chagrin : trains supprimés, gares fermées et horaires de bus spartiates : souvent, c’est un le matin, un le soir. Et malheur à celui qui le rate !
A l’évidence, l’Etat préfère remplir ses caisses en taxant l’essence plutôt que d’assurer une certaine égalité des transports en commun pour tous les Français… comme c’était le cas il y a encore quelques dizaines d’années. Et tant pis si la sacro-sainte devise de la République française « Liberté, Egalité, Fraternité » passe ainsi en pertes et profits comptables !
Philippe Randa pour Présent