10 juillet 2019
L'homéopathie ne sera plus remboursée par la Sécurité sociale dès 2021

Le Gouvernement a tranché : l’homéopathie ne sera plus remboursée par la Sécurité sociale d’ici 2021.
Suite à un avis défavorable émis par la Haute autorité de santé (HAS), suivi par le ministre de la Santé Agnès Buzyn et le Gouvernement, estimant que cette médecine alternative a une "efficacité relative", l'homéopathie ne sera plus remboursée qu'à 15% en janvier prochain (contre 30% aujourd'hui), et 0% en janvier 2021. Une petite «période de transition» qui devrait permettre de «se laisser le temps de la pédagogie» auprès des patients et «laissera aussi le temps aux industriels de s’organiser», selon Agnès Buzyn. (Le Figaro santé)
L’homéopathie dans le collimateur
La recommandation quant au déremboursement de l’homéopathie s’appuierait d’abord sur le fait que son efficacité ne serait pas prouvée. L’objectif affiché serait donc d’alléger le poids financier sur la sécurité sociale… Pourtant, si l’on observe les chiffres, le marché du médicaments en 2016 représentait près de 55 milliards d’euros dont 66 millions serait occupé par l’homéopathie. Si l’on s’intéresse strictement au remboursement, sur les 18 milliards dépensés par la sécurité sociale, 55 millions seraient alloués aux médicaments homéopathiques, soit 0,3%.
Déjà en mars 2018, des professionnels de santé s’étaient offerts une tribune dans le Figaro pour dénoncer le coût pour la santé publique de l’homéopathie, allant jusqu’à évoquer des « procédés de charlatans », coûteux, irrationnel et dangereux et une discipline ésotérique.
Les scientifiques répétaient ainsi à plusieurs reprises que l’homéopathie était inefficace, en dehors – et c’est là ce qui importe- de l’effet placebo. Ainsi, des patients convaincus de l’efficacité de cette méthode alternative se sentiraient mieux en l’utilisant…
Pour l’heure, force est de constater qu’il n’existe pas d’étude capable de mettre en avant les procédés chimiques mis en place par l’homéopathie dans l’organisme pour guérir… Pour autant, ces scientifiques vent debout contre cette pratique semblaient accepter de reconnaître ce fameux effet placebo.
Un médicament sur deux inefficace ?
Dans le Guide des 4000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux, le Professeur Philippe Even affirmait qu’un médicament sur deux était inefficaces… Soit parce que l’action thérapeutique n’avait pas été démontrée… c’est le cas d’un quart des ces derniers, soit parce qu’ils étaient mal prescrits.
Les chiffres présentés par la Haute Autorité de Santé permettent d’ailleurs de comprendre en partie ce constat étonnant… En effet, lors de sa mise en vente, un médicament se voit attribuer une AMM, une autorisation de mise sur le marché. A cela, est assorti une note de ASMR, amélioration du service médical rendu, entre 1 et 5. Du plus au moins innovant.
Source : HAS Santé
C’est ainsi que l’on observe que les médicaments classés 1 ou 2, c’est à dire apportant une véritable plus value pour la santé des patients n’a pas dépassé les 10% des médicaments mis sur le marché depuis au minimum 10 ans. 50% des mises sur le marché concernerait même des médicaments dont l’amélioration sur service médical est jugée inexistante…
En 2019, c’est la célèbre revue Prescrire qui s’attaque au totem pharmaceutique avec une liste de près de 100 médicaments considérés comme plus dangereux qu’utiles… C’est à dire comme répondant défavorablement à la fameuse balance bénéfice-risque très usité dans les débats sur la vaccination. Des antitussifs aux propriétés neuroleptiques, des décontractants musculaires provoquant des dépendances à cause des psychotropes. On pourrait aussi regarder parmi les scandales sanitaires de ces dernières années, Médiator, Lévothyrox, Dépakine, combien de laboratoires d’homéopathie sont concernés ? Aucun !
Ainsi donc, certains médicaments classiques sont en vente, remboursés par la sécurité sociale malgré des effets secondaires négatifs avérés pour la santé, mais le ministre Agnès Buzyn juge prioritaire de réguler l’homéopathie… qui a défaut d’avoir prouvé son efficacité chimique a au moins fait montre de son caractère inoffensif. Une décision qui pourrait donc, à l’inverse de l’effet escompté, renforcer la défiance à l’égard de la médecine générale.