21 novembre 2019
L’Iran riposte à l’insurrection en coupant internet !

Alors que des épisodes de guerre civile ont lieu depuis plusieurs mois en Amérique du sud, Téhéran a, de son côté, répondu de manière particulièrement forte aux révoltes qui ont secoué le pays ces derniers jours.
Une hausse du prix de l'essence qui passe mal
Depuis plusieurs jours, l’Iran fait face à des manifestations tantôt pacifiques, tantôt violentes. La cause, une hausse soudaine du prix de l’essence le vendredi 15 novembre. Une mesure prise par le gouvernement progressiste d’Hassan Rohani, qui a mis le feu aux poudres.
En effet, la réforme en question aurait mérité une bonne dose de pédagogie, car si elle consiste à lutter contre l’inflation qui secoue le pays en augmentant le prix du carburant… de 10 à 15 000 rials (0,41€) pour les soixante premiers litres puis 30 000 (0,81€) pour les litres supplémentaires, elle apparaît avant tout comme un matraquage pour un peuple déjà largement éprouvé !
Les recettes de cette réforme devaient bénéficier aux Iraniens les moins favorisés tout en mettant un coup d’arrêt à la surconsommation d’essence. Des intentions louables, mais une méthode contestable au vu de ses proportions.
Sans surprise donc, la réforme qui a pris de cours les iraniens a naturellement provoqué un lever de bouclier. Les opposants au régime, notamment des cellules dormantes entretenant les liens avec des puissances étrangères, ajoutent également une part de confusion.
Couper internet pour stopper l’hémorragie
Une fois la machine de la révolte lancée difficile de l’arrêter, les autorités iraniennes ont donc tout bonnement coupé internet ! Une mesure particulièrement drastique intervenue mardi et rendue possible par l’architecture du réseau iranien qui n’est relié à l’internet mondial que par trois points d’entrée soit trois opérateurs, lesquels sont contrôlés par l’Etat.
Si la manœuvre sécuritaire semble pour l’instant avoir fonctionné, l’image renvoyée par l’Etat iranien est déplorable. Par ailleurs, au-delà de l’arrestation d’opposants, dont une partie étant potentiellement des agents de l’étranger, il est très difficile de savoir l’ampleur réelles des manifestations iraniennes, précisément en raison de la coupure d’internet. Seuls quelques images de manifestations de soutien au Guide Suprême semblent avoir bien opportunément fuité...
This isn't being shown in the @nytimes on purpose https://t.co/WF95b4SKHM
— Syeda 📿 ☦️🤝☪️ (@zehra_m56) November 20, 2019
Difficile donc de savoir ce qui se passe dans la rue iranienne, les réseaux sociaux regorgeant comme toujours d’informations partisanes, voire erronées. De son côté, Amnesty International a par exemple recensé plus de 100 morts… des chiffres qui, s’ils sont avérés, seraient particulièrement inquiétants.
Par ailleurs, la situation économique du pays demeure inquiétante. Étouffé par les sanctions économiques imposées par Washington, l’Iran est à la peine… le moindre impair politique peut donc provoquer un embrasement politique… comme en témoigne cet épisode du carburant !
Le président iranien, Hassan Rohani, semble en tout cas en mauvaise posture, lui qui avait fait de l’accord sur le nucléaire un argument électoral en 2017, il se trouve à présent avec un accord sans valeur et une situation économique déplorable.
