31 octobre 2019
Lubrizol : les huées après la fumée

Un mois après l’incendie de l’usine Lubrizol, Emmanuel Macron s’est rendu, mercredi, à Rouen à l’occasion d’une visite surprise. Un déplacement compliqué pour le chef de l’Etat qui a dû faire face aux huées et aux sifflets des riverains.
Emmanuel Macron en terrain miné
Un mois après la catastrophe de Lubrizol, les Rouennais n'ont toujours pas digéré et ils l'ont bien fait comprendre à Emmanuel Macron. Mercredi, le chef de l'Etat s'est rendu en visite surprise dans la capitale normande. Ce déplacement, qui n'était pas prévu à l'agenda présidentiel, intervient alors que les zones d’ombres restent importantes à Rouen concernant l’impact sanitaire et environnemental de l'incendie du 26 septembre. Après une visite à la mairie, où Emmanuel Macron a salué les services de l’État qui ont agi avec compétence, sang froid et beaucoup de professionnalisme selon ses dires, la visite présidentielle a rapidement changé de température lorsque le locataire de l'Elysée est allé au contact des riverains. Si devant les caméras, le bain de foule s'est déroulé dans le calme, en réalité les huées et les sifflets à l'encontre du chef de l'Etat et les slogans tels que : "On n'en peut plus, Macron dégage !», ou encore «Macron, démission" se sont multipliés tout au long de la soirée.
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Une colère palpable et omniprésente
Tout au long de la visite présidentielle dans la ville. Emmanuel Macron a dû faire face à de nombreuses critiques concernant notamment sa venue tardive. Il faut dire que depuis un mois, les Rouennais sont toujours dans le flou et des questions restent souvent sans réponses. Face à ce désarroi, Emmanuel Macron a assuré “comprendre” cette colère, même s’il assume sans regret le caractère tardif de cette visite.
Une justification hasardeuse de la part du chef de l’Etat
En effet, à l’écouter, on pourrait croire qu’il a estimé que l’incendie de l’usine Lubrizol n’a pas été suffisamment grave pour nécessiter sa venue immédiate préférant envoyer une armée de ministres sur place. Pas moins de six ministres se sont rendus à Rouen dont le chef du gouvernement, Edouard Philippe. Une succession ministérielle avec un même message : vouloir faire la transparence totale sur ce dossier. Une transparence qui est encore loin du compte malgré les petites annonces faites par Emmanuel Macron. En marge de sa visite, le président de la République a promis de “rebâtir l’attractivité et l’image” de Rouen “qui a une grande histoire littéraire, historique”. Il a évoqué l’organisation d’un “sommet” en 2020 dans la ville normande avec un de ses homologues étrangers et assuré que les premières indemnisations seront versées d’ici au 18 novembre
Aux agriculteurs et aux commerçants. Une communication pour rassurer la population comme sait si bien le faire Emmanuel Macron. Et pendant ce temps-là, les risques sanitaires et environnementaux attendront encore un peu.
Ce sujet sera abordé dans le**JT de TV Libertés** de ce soir