22 novembre 2019
Macron et Whirlpool : un naufrage économique présidentiel

Le pensionnaire de l’Elysée était ce vendredi en déplacement dans l’usine de Whirlpool,">
22 novembre 2019

Le pensionnaire de l’Elysée était ce vendredi en déplacement dans l’usine de Whirlpool,">
symbole de son échec industriel. Un déplacement qui ‘n’aura pas été de tout repos.
Cinq mois après avoir promis sa reprise, le président Macron est de retour dans l’usine Whirlpool d’Amiens ! Un retour pour lequel représentants syndicaux et anciens salariés l’attendaient de pied ferme… mais aussi le député Ruffin, élu avec le soutien de la France Insoumise (LFI). Tous étaient venus demander des comptes à celui qui, candidat, s’était déjà attardé sur les lieux avant de revenir en octobre 2017… et le moins que l’on puisse dire, c’est que le président en campagne ne s’est pas dérobé à l’exercice du dialogue avec un talent toujours aussi prononcé pour la communication politique.
Un enfumage qui durera plusieurs dizaines de minutes face au député Ruffin, des représentants syndicaux et des anciens salariés Whirlpool. Et si le chef de l’Etat se dédouane de toute responsabilité, il est néanmoins bon de souligner que le repreneur de l’usine l’avait fait avec le soutien de l’Etat… une reprise qui a mal tourné, et donc un choix de repreneur qui est bel et bien l’échec de l’Etat et du président qui s’était impliqué personnellement dans cette affaire.
Ce raté d’Emmanuel Macron ne l’empêchera pas d’être réélu mais écorne encore un peu plus son image de président entrepreneur, image qu’il a aimée montrer lors de la campagne de 2017. En effet, le vernis d’entrepreneur commence à s’effacer, montrant le véritable visage du président qui est avant tout un haut fonctionnaire et pas un chef d’entreprise. Son bref passage dans une banque d’affaire n’aura pas fait de lui un chef d’entreprise, loin de là.
Et au-delà de l’échec Whirlpool, c’est la conception de l’économie du président En Marche qui pose question. Si certains le qualifient d’ultra libéral, il n’en demeure pas moins relativement interventionniste à certains égards, surtout quand il s’agit de favoriser ses réseaux. De plus, il n’a pas franchement revu la grille fiscale française qui fait du pays un des pires endroits au monde en matière d’imposition. Pas franchement libéral mais pas non plus stratège, il a bâti son image de jeune premier moderne intéressé par le modèle des start-up… un modèle entrepreneurial qui bénéficie essentiellement au secteur tertiaire et qui ne résout en rien le problème du chômage ni celui de la désindustrialisation.
Sa fameuse start-up nation semble d’ailleurs avoir pris du plomb dans l’aile tant ce modèle économique est de plus en plus décrié, notamment depuis l’annulation de l’introduction en Bourse de Wework, qui a montré que la réalité des comptes de ces structures est souvent bien loin des sourires de publicité des étudiants cosmopolites sortis d’écoles de commerce.
Outre une image fantasmée de l’entreprise, le président énarque montre bien peu de vision à long terme en matière économique. Peu soucieux des infrastructures permettant la création de richesse, il n’a pas, comme ses prédécesseurs, cru bon de lancer des grands chantiers de réaménagement du territoire comme l’exige l’état souvent déplorable des routes notamment. Il a également cru bon de privatiser un domaine aussi stratégique que les aéroports de Paris, au mépris du fiasco que fut la privatisation de l’aéroport de Toulouse.
Un bilan économique calamiteux qui n’empêche pas le président de fanfaronner, dénonçant jeudi notamment le caractère négatif des français.
Pensez Printemps.... Riez chômeurs, Riez licenciés aux indemnités plafonnées, Riez étudiants endettés, Riez salariés mal payés, Riez peuple de précarité, Riez les éborgnés, Riez les retraités, Riez Personnel de santé, Riez, le roi l'a exigé ! 😕#Macron https://t.co/8GC2Y76kCr
— 𝙇𝙊𝙍𝙀𝙉𝙕𝙊🔻φ 🐢🕊 (@lcensur) November 22, 2019
Un chômage réel supérieur à 10 %, des millions de pauvres, des français qui meurent dans la rue, à cela s’ajoute les problèmes sécuritaires et migratoires… difficile en effet d’être très positif sinon à vivre dans un palais parisien…
La visite de l'usine Whirlpool avait aussi des airs de campagne à quelques mois des élections municipales… et qui constituait aussi un round d’observation pour le président qui devrait affronter un mouvement social dur à partir du 5 décembre. Un mouvement social mené par l’extrême gauche syndicale et soutenu à demi-mots par Marine Le Pen, de quoi apporter de l’eau au moulin présidentiel, Emmanuel Macron rêvant de rejouer le duel de 2017 en 2022.
Ce sujet sera abordé lors du**JT de TV Libertés** de ce soir