20 janvier 2022
McKinsey et les cabinets privés entendus par une commission au Sénat

**McKinsey : le prestataire essentiel de la macronie dans la gestion logistique de la crise sanitaire. **
Une commission d’enquête du Sénat, initiée par le sénateur LR Arnaud Bazin et la sénatrice communiste Eliane Assassi, a souhaité auditionner le cabinet McKinsey, qui avait été sollicité par le gouvernement pour la campagne vaccinale, et ce pour une note de près de 3 millions d’euros en 2020 et environ 5 millions pour 2021.
L’objectif de cette commission d’enquête était de mettre à jour l’influence des cabinets privés dans les politiques publiques et d’en évaluer les résultats. Ceux-ci sont en effet sollicités régulièrement depuis plusieurs années par le secteur public, mais tout particulièrement durant l’épidémie, qui a vu leur présence et surtout leurs honoraires multipliés par 7.
Le responsable du pôle santé de Mckinsey, Thomas London, a expliqué que les consultants s’étaient cantonnés "à la logistique et à la coordination sur le terrain", sans empiéter sur la définition de la stratégie vaccinale. Un appui temporaire donc qui aurait permis d’accélérer un début de vaccination poussif.
Quant au responsable du pôle public de McKinsey, Karim Tadjeddine, qui s’est vu interrogé sur le rôle de "l'agent de liaison" du cabinet privé auprès du Ministère de la Santé, pour un total de 170 000 euros, il a expliqué que, dans un contexte de "tensions au sein de l’administration" son cabinet a "systématiquement travaillé à développer les compétence" ce à quoi la sénatrice rapporteur Éliane Assassi a rétorqué "vous ne pensez pas que quelqu’un, au sein de l’administration aurait pu faire ce travail ?"
La sénatrice a également évoqué deux autres missions du cabinet, dont une auprès du ministère de l’Education qui aurait dû se réaliser par l’organisation d’un séminaire qui n’a pas eu lieu pour raison sanitaire, mission avortée donc qui semble avoir généré quelque bafouillage dans les réponses du sieur Tadjeddine. La sénatrice a eu beau jeu de qualifier "d’imprécise" la réponse du consultant, compte tenu des sommes importantes engagées par les pouvoirs publics.
CH