18 janvier 2019
"On ne combat pas l’islamisme avec le Coran"

La déclaration d’Islamabad de 500 religieux musulmans au Pakistan est pleine de bonnes intentions. Elle se prononce, à peu près, contre le terrorisme et le meurtre d’infidèles à l’islam, et les médias français qui l’ont relayée l’ont prise pour argent comptant. L’ennui, c’est qu’elle entend rejeter l’islamisme en lui opposant le Coran, alors qu’il en est la source…
500 responsables religieux musulmans pakistanais ont signé, le 6 janvier, la déclaration d’Islamabad, appelant notamment à mettre fin aux meurtres pour raisons religieuses, et faisant explicitement référence au cas d’Asia Bibi dont ils demandent une résolution rapide. Il y aurait beaucoup à dire sur la manière imprécise et naïve dont la plupart des médias occidentaux ont relayé l’information, mais il serait injuste de la dédaigner.
(...) Il serait cependant absurde de croire que ce texte appelle à la tolérance religieuse et à la liberté de conscience au sens où nous l’entendons en Occident. Sans analyser chaque détail, citons tout de même quelques éléments.
Si le point 1 de la déclaration condamne très clairement les mises à mort pour raisons religieuses, le point 3 se limite aux condamnations à mort illégales.
Le point 2 interdit à tout responsable religieux de critiquer les prophètes, les califes, Mohammed et les Ahl al-Bayt, c’est-à-dire les membres de sa famille plus ou moins élargie et leurs descendants. Bien sûr, l’objectif est surtout d’empêcher tel ou tel courant islamique de décréter que les autres seraient hérétiques, et ainsi de limiter les tensions sociales. Reste que sur le plan de la liberté d’expression et de pensée, on a vu mieux.
Le point 6 demande la protection des non-musulmans en se référant à la charia. En clair, il évoque pour eux le statut de « dhimmis », c’est-à-dire de citoyens de seconde zone dont les droits sont certes garantis, mais aussi considérablement limités.
(...) lire la suite sur Causeur