14 septembre 2021
Anonyme comme une étudiante à l’université de Kaboul

Opération communication et mise au point des talibans à l’université Shahid-Rabbani de Kaboul. Des dizaines d’étudiantes de tous âges sont là, affublées de** niqabs**, agrémentés d’un sitar, sorte de moustiquaire qui cache le regard. A défaut de sitar, certains niqabs sont équipés de larges œillères.
Comme le dit Jamila Sharifi, nouvelle étudiante,* “je suis ici pour dire que je suis heureuse, car, enfin, après vingt ans d’invasion étrangère, grâce à nos valeureux moudjahidins, l’Afghanistan est devenu un pays adapté aux femmes”. *A la demande d’explication du journaliste qui l’interviewait, elle ajoute : “Grâce à Dieu, à partir d’aujourd’hui, toutes mes sœurs d’Afghanistan seront vêtues de façon correcte et celles qui iront à l’université seront éloignées des garçons. La loi islamique aujourd’hui est appliquée et nous libère du péché”.
Commencent les discours des hommes, introduits par des prières, et qui font l’éloge de “l’ Émirat islamique”, nom que se donne le nouveau pouvoir taliban.** Il est dit que les Afghanes qui ne se couvrent pas assez les cheveux et le visage sont sommées de rejoindre le droit chemin**. Elles auraient été influencées par l’idéologie occidentale qui n’a pas sa place en Afghanistan.
La date du 11 septembre pour cette opération de propagande n’a évidemment pas été choisie par hasard. c’est en effet la référence à l’invasion américaine immédiatement déclenchée après les attentats de New York revendiqués par al-Qaïda, qui avait mis à bas le pouvoir taliban de l’époque, aujourd’hui restauré après vingt ans de guerre.
C.H