15 mars 2023
Pfizer souhaite que l'UE continue à payer pour les vaccins anti-Covid non utilisés

Alors que Pfizer a proposé de prolonger son contrat pour le vaccin Covid-19 avec l'Union européenne tout en réduisant les livraisons, l'entreprise s'attend toujours à ce que l'UE paie des milliards d'euros pour les doses inutilisées, dans un contexte de surabondance de l'offre dans certains pays, a rapporté le Financial Times. Cette offre a suscité l'indignation d'une poignée d'États membres, qui estiment que l'accord servirait les intérêts de Big Pharma au détriment de ceux de leurs citoyens. Des fonctionnaires de certains États membres affirment même que l'Union européenne les oblige à payer la facture pour des millions de doses de vaccins inutilisées.
L'extension du contrat proposée par Pfizer repousserait l'accord sur les vaccins jusqu'en 2026, avec une réduction proposée de 40 % du nombre de doses fournies ainsi que des retards dans les livraisons, a rapporté la même source mardi, citant deux fonctionnaires anonymes.
Toutefois, malgré les réductions proposées, le géant américain de l'industrie pharmaceutique insiste toujours pour être payé pour le nombre total de doses convenu à l'origine, dont beaucoup ne seraient jamais produites selon les nouvelles conditions.
Plusieurs pays s'opposent aux propositions de Pfizer
Dans une déclaration commune publiée à l'issue de la réunion, des représentants de la Bulgarie, de la Hongrie, de la Lituanie et de la Pologne ont indiqué qu'ils ne signeraient pas l'accord contenant les modifications proposées, car celles-ci "ne constituent pas une solution définitive et équitable aux problèmes liés à l'excédent de vaccins Covid-19 et ne répondent pas aux besoins des systèmes de santé, aux besoins des citoyens et aux intérêts financiers des États membres".
Le ministre polonais de la santé, Adam Niedzielski, a affirmé que la proposition actuelle de Pfizer favoriserait Big Pharma et a demandé que le contrat secret soit publié, remettant en question le rôle joué par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans les négociations de l'accord massif sur les vaccins.
Pour rappel, un organe de surveillance de l'UE a par ailleurs lancé une enquête sur le processus de négociation et de passation de marché à la fin de l'année dernière, après que le bureau de Mme von der Leyen n'a pas réussi à produire des messages textuels personnels envoyés au PDG de Pfizer, Albert Bourla, au cours des négociations portant sur près de 2 milliards de doses de vaccin, ce qui a donné lieu à des accusations de corruption.