07 juin 2019
Prix de l'électricité : la hausse de trop?

Après avoir été gelés en pleine crise des gilets jaunes,les tarifs de l’électricité ont bondi de 5,9% en juin. Entre cette nouvelle hausse et l’escalade constante du prix de l'essence, le spectre de la révolte est toujours présent et la contestation sociale pourrait reprendre de plus belle.
Gilets jaunes ou pas, les tarifs augmentent
Le 1er juin dernier, les prix de l'électricité sont repartis à la hausse de 5,9%. Une augmentation historique, bien plus forte que l'inflation, liée à la proposition de la Commission de régulation de l'énergie, la CRE, du 7 février et approuvée par les ministères de la Transition écologique et solidaire et de l’Economie. Un coup de cutter d'environ 85 euros par an dans le portefeuille d'au moins 25 millions de ménages français. Pour justifier une telle hausse, la CRE met en avant la forte hausse des prix du carbone ces derniers mois sur les marchés alors que le mode de calcul des prix de l'électricité tient en partie compte de l'évolution de ce que l'on appelle le droit à polluer.
Si cette hausse va largement se faire ressentir sur les factures, elle intervient surtout après six mois de répit. En effet, en décembre dernier, en pleine contestation des gilets jaunes, Emmanuel Macron et son gouvernement avaient indiqué qu’il ne suivrait pas la recommandation d'augmentation de l'autorité administrative prévue le 1er mars justement à cause de la fronde sociale. Cependant, force est de constater que la hausse a été appliquée avec trois mois de décalage et ce alors même que les gilets jaunes sont toujours dans la rue pour réclamer une amélioration de leur pouvoir d'achat.
La hausse de trop ?
Ainsi, cette nouvelle escalade des tarifs pourraient constituer l'augmentation de trop. C’est d’ailleurs c'est ce que craint le gouvernement qui a promis de revoir le formule de calcul à travers la loi sur l'Énergie. Malheureusement pour le ministère de la transition énergétique, le temps devrait jouer en sa défaveur puisque les prix du carbone dans les pays de l'Union européenne pourraient encore doubler dans les cinq années à venir et que la Commission de régulation de l'énergie a annoncé une nouvelle hausse d'1% en août.
L’eau et l'essence également en hausse
Si l'électricité est au cœur de la polémique, l'essence et l'eau viennent également alourdir la facture. En effet, concernant le carburant, les prix à la pompe ne cessent de grimper depuis janvier pour atteindre des niveaux records... en moyenne 1.59 euro pour le sans plomb 95 et 1,49 euro pour le gazole, des prix qui explosent encore plus dans la région parisienne.
En ce qui concerne l'eau, alors même que son importance est capitale, les augmentations se font goutte à goutte mais le vase est prêt à déborder. A croire que le temps où des Français ne pourront plus payer leur eau courante n’est pas si loin. Tant de facteurs qui pourraient relancer une contestation sociale de masse que le gouvernement se sent visiblement capable d’affronter...
Ce sujet sera abordé lors du**JT de TV Libertés **de ce soir