30 octobre 2019
PSA : une fusion avant le désastre?

Quelques mois après sa fusion avortée avec Renault, le constructeur automobile italo-américain, Fiat Chrysler, a entamé des discussions de rapprochement avec PSA. Cette union pourrait donner naissance au 4ème groupe automobile mondial mais n’est pas sans risque pour le groupe français.
Fiat Chrysler et PSA en route vers une fusion
Alors que les spéculations autour d'un rapprochement entre les constructeurs automobiles italo-américain, Fiat Chrysler, et français, PSA Peugeot Citroën, ont pris un nouveau tournant, les deux groupes ont confirmé, ce mercredi matin, la tenue de discussions. L'opération n'en est encore qu'à ce stade avec aucune garantie qu'elles n'aboutissent à un accord.. pour rappel, FCA a longtemps été en discussion avec le groupe Renault mais il avait annoncé en juin dernier le retrait de son offre de fusion à 30 milliards d'euros avec le constructeur français, accusant le contexte politique en France d'avoir compromis un projet qui aurait donné naissance au troisième constructeur automobile mondial, le projet n'en demeure pas moins extrêmement ambitieux. En effet, en cas de fusion, le nouveau géant, valorisé à quelque 50 milliards de dollars, deviendrait le 4ème groupe mondial du secteur en nombre de véhicules vendus sur la base des chiffres annuels 2018. Il pointerait derrière Volkswagen, l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi et Toyota, et aurait à son catalogue les marques Alfa Romeo, Chrysler, Citroën, Dodge, DS, Jeep, Lancia, Maserati, Opel, Peugeot.
Au-delà d'un catalogue bien rempli, ce mariage permettrait au groupe français de revenir par la grande porte sur le marché américain, où FCA, via les marques Jeep et les pickups RAM, occupe des parts de marché importantes sur les segments présentant les marges les plus lucratives. Dans l'autre sens, l'enjeu pour le groupe italo-américain est de regagner le continent européen. Le groupe, qui vit surtout en Europe des ventes de la citadine Fiat 500, a vu sa part de marché y fondre de 6% en 2010 à 4,6% l'an dernier, sa gamme de véhicules n'y ayant pas été suffisamment renouvelée.
Un pari gagnant-gagnant, donc, sur le papier mais pas sans risque pour le constructeur français. En effet, si les deux groupes discutent d'une fusion entre égaux, d'autres options sont sur la table. Le président du directoire de PSA, Carlos Tavares, deviendrait directeur général de la nouvelle entité, dont le conseil d’administration serait présidé par le patron de Fiat Chrysler, John Elkann. De quoi rassurer PSA.
Pourtant, à cette échelle, les mariages entre égaux n'existent pas et il suffit de se rappeler de l'affaire Carlos Ghosn pour se rendre compte que le poste de directeur général peut rapidement prendre des airs de siège éjectable. Au delà du jeu de poker menteur entre direction, l'enjeu pour les salariés. En cas de fusion, l'empire comptabiliserait plus de 400 000 salariés à travers le monde. Hors, on le sait, l'intérêt d'un mariage entre entreprises est également de faire des économies et le risque de voir des emplois menacés existe. Reste à savoir maintenant quel groupe mangera l’autre et généralement les Français ne ressortent pas gagnants d’une telle manœuvre.
Ce sujet sera abordé lors du**JT de TV Libertés **de ce soir