12 juin 2019
Quand le grand imam de l'université d'Al-Azhar en Égypte justifie les violences contre les femmes "à condition de ne pas briser leurs os"

12 juin 2019

Dans une émission diffusée à la télévision durant le mois de Ramadan, Ahmed el Tayeb, le grand imam de l'université d'Al Azhar (Caire, Égypte), a déclaré que, selon le Coran, les hommes avaient le droit de battre leurs femmes lorsqu'elles n'étaient pas disciplinées, "à condition de ne pas briser les os à la suite de ces coups".
Une prise de position que repose la question de la place de la femme dans la religion musulmane, et démontre à quel point la doctrine officielle de l'université d’El Azhar est loin d’une lecture distanciée du Coran et des Hadiths. Pour Bernard Godard, ces propos sont toutefois à relativiser :
*"Les propos d’Ahmed el Tayeb sont à replacer dans le contexte actuel de l’Egypte et plus largement du monde musulman. Il a déclaré en mars dernier que la polygamie n’était pas souhaitable si elle ne réunissait pas les conditions exigées par le Coran (équité entre les co-épouses). En cela il n’était pas vraiment révolutionnaire, mais plutôt conservateur en ce qu’il ne remettait pas la polygamie en cause sur le fond. Plus remarquable, il a, l’année dernière, fait une sortie assez remarquée sur le harcèlement sexuel à un moment où la vague du hashtag Me too se répandait. On a interprété cela comme un acte « progressiste », d’autant que restaient gravées dans les mémoires les viols commis lors des rassemblements de la place Tahrir au Caire pendant la révolution de 2011. Or, là encore, rien de bien audacieux car ses propos protégeaient les femmes considérées à priori comme vêtues dans des tenues « décentes ». Aussi ses récents propos sur les traitements faits aux femmes « désobéissantes » nous rappellent qu’Ahmed el Tayeb se situe dans une pure orthodoxie, celle qui considère la femme comme inégale face à l’homme. Cela démontre à quel point la doctrine officielle d’El Azhar est loin d’une lecture distanciée du Coran et des Hadiths. Et il est à craindre que ce genre de position perdure encore... *Lire la suite de l'interview sur Atlantico
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