09 janvier 2020
Radio France tente de se faire une place à côté de la réforme des retraites

Si depuis un mois, la grève contre le projet du gouvernement occupe l'essentiel de l'actualité, une autre grève perdure également... celle du service public radiophonique. Depuis le 25 novembre dernier, les syndicats espèrent obtenir le retrait d'un plan d'économies et de réductions d'effectifs alors que se profile également la création du mastodonte France médias.
Une grève qui dure depuis plus longtemps que celle engagée contre la réforme des retraites
Entamée le 25 novembre, la grève à Radio France est entrée dans son 37ème jour de mobilisation. 37 jours au cours desquels les syndicats du groupe radiophonique public ont appelé leurs adhérents à protester contre le plan présenté par la direction de Radio France, qui prévoit 60 millions d'euros d'économies et 299 suppressions de postes avec 76 créations de postes en parallèle.
Ainsi, après une trêve pendant la période de Noël, le mouvement a repris le 31 décembre dernier. Une reprise compliquée puis qu’aucune perturbation ne s'est faite ressentir à l'antenne. En revanche, plusieurs concerts ont été annulés la semaine dernière alors que le plan d’économies prévoit la suppression d’un tiers des effectifs du chœur de Radio France, ce qui en fait l’une des structures les plus touchées par les réductions de postes. D'ailleurs, lors de la reprise du mouvement, l'orchestre philharmonique et le chœur de Radio France ont tenté de faire entendre leur voix en jouant brièvement dans le hall de la Maison de la Radio.
Une reprise musicale avant l'organisation d'une assemblée générale du personnel, lundi, lors de laquelle l’appel à la grève de la CGT a été reconduit. Les discussions ont surtout été consacrées à des appels à renforcer la mobilisation avant d'entamer de nouvelles négociations avec la direction. Mais le dialogue semble compromis. Mercredi, la cérémonie des vœux de la présidente de Radio France, Sibyle Veil, a tourné court après que des grévistes ont interrompu le discours de la dirigeante. Des chanteurs du chœur de Radio France ont entonné Va, pensiero, extrait de Nabucco de Giuseppe Verdi et plusieurs personnes sont ensuite montées sur la scène du studio 104, où avait lieu la cérémonie, brandissant des affiches sur lesquelles était écrit : "Quand tout sera privé, vous serez privés de tout."
Des vœux interrompus et une direction bien décidée à mener son plan à terme. En effet, le PDG du groupe public, a affirmé qu’il « serait irresponsable » d’abandonner le plan d'économies et de réduction des effectifs et préfère se focaliser sur la volonté gouvernementale de créer une holding de l’audiovisuel public, France Médias, regroupant France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et l'Institut national de l'audiovisuel.
Un mastodonte de l'audiovisuel public dont la création ne devrait intervenir qu’en 2021 pour une mise en place effective fin 2022. D'ici là, la présidente de France Télévision, Delphine Ernotte, entend bien jouer les prolongations. Alors que son mandat prend fin en août prochain, la papesse de la diversité à la télévision a annoncé qu'elle était candidate à une prolongation de son mandat jusqu'à la fin de 2022 en attendant la mise en place de France médias.
L'opportunité pour Delphine Ernotte de continuer sa refonte profonde du groupe public en éliminant au fur et à mesure les derniers hommes blanc de plus de 50 ans. Mais cela n'est encore qu’hypothétique puisque la décision reviendra au CSA. Et toute la question sera de savoir quelle personnalité sera la plus à même de mener à bien médiatiquement la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron en 2022.
Ce sujet sera abordé lors du JT de TVLibertés de ce soir.