31 mai 2019
Retour sur la défaite électorale de La France Insoumise (Analyse)

6,31 % des suffrages, moins d’un million cinq cent mille voix et seulement six députés européens… en effet, la soirée du dimanche 26 mai n’aura pas vraiment été heureuse pour les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon. Un désaveu qui place la formation de gauche au 5ème rang du scrutin au coude à coude avec un PS toujours convalescent. Une bien vilaine surprise que ne laissaient pas présager les sondages et qui pourrait rebattre les cartes concernant la ligne du parti.
La défaite est sévère. Lors de la présidentielle de 2017, Jean-Luc Mélenchon avait capitalisé près de 20 % des suffrages avec plus de 7 millions d’électeurs avant de rassembler 2,5 millions de votants au second tour des législatives envoyant 17 élus au Palais Bourbon.
Autre élection, autres enjeux, et autre comportement électoral, le scrutin européen n’est pas la spécialité maison de LFI mais un meilleur score était néanmoins attendu même si une légère progression est à signaler en comparaison aux élections européennes de 2014 et les 1 200 000 voix donnant seulement 4 élus au Front de Gauche.
Dépassés par les écologistes, dont le scrutin européen est la spécialité, Jean-Luc Mélenchon n’est pas non plus parvenu à assécher le vote Génération.S de Benoît Hamon, le vote Communiste de Ian Brossat ni même dans une certaine mesure à picorer un peu plus du côté de l’électeur PS.
Sérieux dans le travail parlementaire et généralement plutôt bon dans la communication, Jean-Luc Mélenchon et ses équipes se voyaient déjà en opposant n°1 au président Macron, avant de tomber de très haut dimanche. Si la logique électorale propre au scrutin explique en partie la déroute insoumise, cette défaite est aussi l’occasion de remettre en cause la ligne parti… c’est ce que s’est empressé de faire le député Clémentine Autain :
Un problème de ligne et d’attitude, Clémentine Autain place ses pions… dans un contexte de guerre interne que connaissent aussi les Républicains… et la comparaison ne s’arrête pas là. Dans ces deux formations, la ligne politique n’est pas claire et l’échec aura servi de prétexte à des règlement de compte plus ou moins idéologiques.
L’opposition entre souverainistes et Indigénistes reprend donc de plus belle… la première manche avait été remporté par les seconds avec le départ de Djordje Kusmanovic, la seconde manche semble plus ressembler à une tentative d’affaiblir le patron du mouvement Jean-Luc Mélenchon, jugé trop dur.
Face à lui, Clémentine Autain fait valoir sa volonté de faire du parti une sorte de PS 2.0, une formation bien ancrée à gauche mais surtout en pointe sur les questions dites sociétale et de défense des minorités… une ligne qui permettrait de remettre au goût du jour les alliances avec d’autres partenaires de la gauche : avec Benoît Hamon, le PS et le PCF.
Si cette ligne n’a probablement pas un grand avenir pour les scrutins nationaux, le regroupement des petits blocs de gauche pourrait en revanche permettre à toutes ces formations de marquer des points pour les municipales… en tout cas en partant seul en 2020 pour les élections locales, La France Insoumise ne devrait pas faire d’étincelles.
Ce sujet sera abordé lors du**JT de TV Libertés** de ce soir