14 novembre 2021
Sahara occidental: bras de fer Algérie-Maroc

Depuis novembre 1975, le Sahara occidental n’est plus une colonie espagnole.
A la suite de la “Marche verte” organisée alors à l’appel de SM le Roi Hassan II, qui avait entraîné 350 000 civils marocains à franchir la frontière entre le Maroc et le Sahara occidental, et à prendre possession du territoire, la “ Marocanité “ de ce territoire n’est pas, selon Rabat, négociable de quelque façon que ce soit.
Historiquement, depuis le XIe siècle le Sahara était sous la domination marocaine, ce qui bien sûr, aux yeux de Rabat, lui confère une légitimité évidente, la domination espagnole au XIXe siècle n’ayant été que de courte durée.
C’est ce que vient de rappeler SM le Roi Mohammed VI, dans un discours musclé à l’occasion du 46e anniversaire de la Marche verte.
Face à lui, le Front Polisario des indépendantistes Sahraouis, demande l’organisation d’un référendum d'autodétermination pour ce peuple Sahraoui de moins d’un million d’habitants.
Il est soutenu par l’Algérie, frère ennemi de longue date du Maroc, qui adhère à l’idée que le Maroc a mené une occupation illégale de la république Sahraouie et que son peuple doit poursuivre la lutte afin de se déterminer par lui-même.
Le Maroc est d’accord pour engager des négociations “ afin de parvenir à un règlement pacifique de ce conflit” qu’il juge “artificiel,” et propose au Sahara occidental “une large autonomie sous sa souveraineté.”
Pour la république Sahraouie, vaste territoire à peine peuplé, l’indépendance véritable ne semblant pas réaliste, ce sera soit la souveraineté du Maroc soit celle de l’Algérie.
Les immenses richesses minérales de son territoire, le pétrole certes mais aussi le phosphate, aujourd’hui exploitées dans la partie marocaine par des sociétés étrangères, principalement françaises, aiguisent les appétits de l’Algérie, mais aussi de l’Europe tout entière, et les coups de boutoir du Front Polisario mettent à mal l’unilatéralisme franco-marocain.
Sous la pression du Front Polisario, de nombreuses sociétés, suédoises, françaises, espagnoles ou britanniques, se sont déjà soit retirées du territoire, soit ont négocié directement avec les Sahraouis leurs quotas d’exploitation et d’investissement dans l’optique d’une indépendance prochaine.
La pression internationale est mise sur l’Europe afin qu’elle n’apporte pas son soutien au Maroc et laisse faire les choses.
CH