22 novembre 2022
Salto : La plateforme de streaming et vidéos à la demande publique vire au fiasco

Alors que France Télévisions se prépare à un “exercice 2023 extrêmement difficile”, comme le confirme Delphine Ernotte dans Le Figaro, beaucoup s’interrogent sur le sort de la plateforme de streaming publique Salto. La plateforme, annoncée en 2018 et lancée en 2020, est une plateforme de streaming et vidéos à la demande publique cherchant à faire concurrence aux géants de la distribution vidéo que sont Netflix, Amazon Prime video, Disney+ et Canal+.
Ses principaux actionnaires, TF1 et M6, ont pris acte de l’échec financier de la plateforme qui, quatre ans après son lancement, n’a pas atteint ses objectifs en termes de nombre d’abonnés ou de rentabilité. Les deux chaînes ont annoncé le retrait de leur participation à Salto le 17 novembre, lors du dernier conseil de surveillance de la plateforme.
Malgré ce départ fâcheux, Delphine Ernotte reste optimiste quant à l’avenir de Salto. Pas le choix ! France Télévisions, qui s’imaginait déjà revendre ses parts à TF1 et M6 en cas de fusion des deux chaînes, est désormais le seul actionnaire de Salto. “Salto atteindra bientôt le million d'abonnés, deux ans seulement après son lancement. Il a fait la démonstration qu'il avait de la valeur. Salto a un avenir, mais pas avec l'actionnariat tel qu'il est aujourd'hui. Si demain il trouve un acquéreur, je n'aurai aucun problème à y laisser nos contenus.” commente-t-elle pour Le Figaro. Alors que Salto prévoyait déjà son premier million d’abonnés pour la fin de l’année 2021, l’échéance est à nouveau repoussée.
La nouvelle année 2022 avait déjà fait l’effet d’une douche froide pour les actionnaires. Mme Ernotte annonçait un chiffre de 700 000 abonnés en janvier 2022, bien loin du million prévu, avant que la presse ne révèle que la plateforme ne comptait en réalité qu’un demi-million d’abonnés. Pire encore, un rapport d’information du Sénat affirmait en juin 2022 que sur ces 500 000 abonnements, seuls 397 000 étaient payants. Autrement dit, un cinquième des utilisateurs de la plateforme profitaient du “premier mois gratuit” sans s’être véritablement abonné.
Avec un maigre chiffre d’affaires de 17 millions d’euros en 2021, un investissement sur 3 ans estimé à plus de 250 millions d’euros et le départ de TF1 et M6, France Télévisions rêve aujourd’hui d’un acheteur pour oublier cette aventure qui a viré au fiasco.
I-Média par Jules Blaiseau