19 juin 2019
Saumur : une «contamination» radioactive anormalement élevée détectée dans la Loire

L'Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest (ACRO) a annoncé avoir détecté des traces de tritium dans la Loire «en aval de cinq centrales nucléaires» à Saumur (Maine-et-Loire) ainsi que dans les eaux de consommation. L'ACRO demande une enquête afin d'établir l'origine de cette contamination anormalement élevée.
Selon l'Association, la présence de tritium (hydrogène radioactif) *«est quasi systématique aussi bien dans le fleuve que dans les eaux de consommation. En janvier 2019, la concentration dans l'eau de la Loire a atteint 310 Bq/L». *L'ACRO précise encore que «le tritium est présent sur près de 400 km, entre Dampierre-en-Burly et Nantes».
Selon l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), «le code de la santé publique fixe une référence de qualité de 100 Bq/L pour le tritium, qui ne représente pas une limite sanitaire mais un seuil qui, lorsqu'il est dépassé, entraîne une investigation complémentaire pour caractériser la radioactivité de l'eau». L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande de son côté «une valeur guide de 10.000 Bq/L pour le tritium dans l'eau de boisson, à considérer en cas de consommation permanente de l'eau».
Dans un rapport remis à l'Association nationale des commissions locales d'information nucléaire, un scientifique du CNRS dénonçait en 2010 à une «sous-estimation» par «les instances de radioprotection» de «la toxicité» du tritium, qui est l'unique radioélément dont les rejets sont autorisés et de plus en plus rejetés en France. Par ailleurs «le manque de données» sur des «effets cancérogènes du tritium (...) est flagrant», peut-on encore lire dans le rapport.