04 décembre 2019
Sleeping Giants : une tribune contre la dictature de la bien-pensance

À l’initiative du journaliste Marc Eynaud (Boulevard Voltaire), Valeurs Actuelles fait paraître une tribune pour alerter l’exécutif sur la pression exercée par les "Sleeping Giants", un regroupement d'activistes informe sur le net qui fait pression sur les annonceurs.
En résumé, des activistes appellent au boycott des marques faisant de la publicité en marge des contenus qu’ils jugent non conforme à leur obsession du politiquement correct. Si le boycott est pourtant totalement interdit en France, il n’en reste pas moins que la peur de la mauvaise publicité pousse souvent les marques à faire machine arrière et à retirer leurs annonces des chaînes pointées du doigt par les terroristes de la pensée unique. Une dizaine d’acteurs médiatiques ont signé la pétition, dont Martial Bild, le directeur général de TVLibertés, Didier Maïsto le patron de Sud Radio et Geoffroy Lejeune, le directeur de la rédaction de Valeurs Actuelles.
Depuis plus de deux ans, les Sleeping Giants s’érigent en grands défenseurs de la bien pensance sur Twitter. Ce réseau de cyber-activistes mettent un point d’honneur à museler la parole de droite sur internet.https://t.co/ML1KZYgCBA
— Valeurs actuelles ن (@Valeurs) December 3, 2019
Valeurs actuelles - Depuis plusieurs mois, le groupe de pression Sleeping Giants contraint les marques à retirer leurs publicités des médias non conformes à leur idéologie. Neuf intellectuels ont pris la plume pour dénoncer cette dérive totalitaire qui vise à restreindre la liberté d'expression.
"Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes"
Cette prophétie de Winston Churchill, est devenue réalité. Il souffle dans l’espace médiatique un vent mauvais. Son nom est censure. Sa méthode est délation. Qu’ils se nomment Sleeping Giants, Laetitia Avia ou encore Quotidien, ils censurent, désinforment, dénoncent et désorientent, jouant ainsi avec le feu, exploitant un climat délétère davantage dû à la perte de confiance vis-à-vis des médias qu’à une quelconque "libération" d’une "parole raciste" aussi fantasmée qu’absente.
Récemment encore, une vingtaine de députés LREM tentaient d’amender la loi Avia. Cet amendement se proposait de sanctionner les annonceurs d’un an de prison et de 250 000 euros d’amende si leurs contenus s’affichaient dans un des médias visé par une accusation de "haine" ou de "désinformation".
En fer de lance de ce combat, les Sleeping Giants, un concentré d’activistes peu nombreux mais dont le mode d’action est connu : interpeller les annonceurs et leur faire retirer leur publicité de tel site ou de telle émission de télévision. Force est de constater que la méthode fonctionne. Boulevard Voltaire a ainsi perdu de nombreux annonceurs, l’émission « Face à l’Info » avec Eric Zemmour est en passe de connaitre le même sort.
Pourtant, la loi interdit le boycott. Elle définit comme discrimination « le fait d’entraver l’exercice normal d’une activité économique quelconque » (art.225-2 code pénal) à raison de « l’appartenance ou de la non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une Nation, une prétendue race ou une religion déterminée. » (art.225-1)
Mais, plus grave encore que la loi, elle va entraîner les annonceurs dans une logique de justification permanente pour chaque encart. Si un annonceur se plie à ces exigences, il finira par devenir moralement responsable de chaque parole, chaque « écart », chaque « dérapage » de tel ou tel chroniqueur. C’est donc tout un écosystème économique qui se trouve aujourd’hui menacé. « Ils ne dérapent pas car ils sont le verglas » dénonçait le regretté Philippe Muray. Nous reprenons ces termes et alertons ces nouveaux censeurs qui ne se rendent sans doute pas compte de la portée de leurs gestes : c’est la liberté d’opinion, la liberté d’informer que vous mettez en péril par ce soutien réel ou supposé, à ces activistes ou à ces lois liberticides. C’est en refusant la pluralité des opinions que vous excitez les rancœurs et les défiances vis-à-vis de l’ensemble de nos collègues.
Hier c’était Boulevard Voltaire, aujourd’hui CNews et *Valeurs actuelles *et demain ? *Le Figaro *? Le Point ? *Libération *? Nous serons un jour le fasciste de quelque antifasciste en mal de lutte si cet engrenage n’est pas stoppé. Ce ne sont pas d’idées dont nous parlons mais d’une certaine idée de la liberté de débattre, d’échanger et de s’enrichir par nos approches différentes et parfois divergentes.
Un journaliste n’est ni juge, ni procureur. Un militant « Sleeping Giants » bien caché derrière son pseudonyme et son compte anonyme, n’est pas flic et encore moins un héros, simplement un ennemi de la démocratie.
Si le débat se retrouve à la merci de tels activistes, si ces derniers sont encouragés par ceux qui nous gouvernent alors cette fracture béante entre le peuple et ses élites ne sera jamais comblée. C’est pourquoi nous demandons à ce que cessent les campagnes de pression sur nos annonceurs. Si rien n’est fait en ce sens, nous demandons à nos élus de s’emparer du sujet au plus vite afin que la liberté d’informer et de débattre soit protégée. Il est temps de cesser d’avoir peur.
Les signataires de la tribune :
Gabrielle Cluzel (Boulevard Voltaire, Famille chrétienne, Monde & Vie)
Jacques de Guillebon (L'incorrect)
Martial Bild (TVlibertés)
François Bousquet (Éléments, La Nouvelle Librairie)
Ivan Rioufol (Le Figaro)
Gilles-William Goldnadel (Le Figaro, RMC)
Marc Eynaud (Boulevard Voltaire)
Didier Maïsto (Sud Radio)
Geoffroy Lejeune (Valeurs actuelles)
Source : Valeurs actuelles