22 février 2019
Sur l’affaire Finkielkraut, « j’étais sur place au moment des faits »

De quelques insultes en découle une affaire politique. Durant l’acte XIV des Gilets Jaunes à Paris, Alain Finkielkraut a croisé la route de manifestants, dont certains l’ont pris à partie. Le journaliste Ferenc Almassy était sur place.
Je suis sidéré par l’ampleur que prend cette histoire, pourtant relativisée par le principal intéressé. Mais l’occasion était trop belle pour tirer sur le mouvement des Gilets jaunes, en remettant une couche sur l’antisémitisme, et en cherchant à jeter l’opprobre sur un mouvement populaire, quitte à inventer des insultes (« sale Juif ») comme l’a fait le porte-parole du gouvernement. La façon dont le système – comme on l’appelle communément, par aisance – monte en épingle cette très brève et légère altercation est terrifiante. Être témoin en direct de la création d’une telle manipulation à grande échelle est toutefois passionnant et instructif.
Que s’est-il passé ?
Dans la foule hétéroclite des Gilets jaunes, une poignée de personnes ont reconnu le philosophe qui semble-t-il passait par-là – il habite le quartier. Comme il l’a rapporté lui-même, certains ont des mots aimables pour lui, un autre lui propose de les rejoindre. Mais quelques autres l’insultent – on reste dans un registre très neutre et pas très douloureux en ce qui concerne les insultes à proprement parler ; « grosse merde », bon, ça n’a jamais tué personne.
Puis vient le fameux épisode avec l’homme au keffieh, et son « la France est à nous ». Puis, des cris de « Palestine », de « sionistes », de « facho » et des moqueries pas bien méchantes faisant référence à quelques unes de ses sorties très médiatisées où il s’était emporté.
Finkielkraut, visiblement interloqué, passe sans agitation ni empressement derrière la ligne de police mobile, observant la scène, l’air à la fois étonné et consterné. Fin de l’événement.
Quelques manifestants, avec et sans gilet jaune, s’éloignent. « Je sais même pas qui c’était, mais j’ai entendu « facho » ça m’a suffit on lui a mis la pression, haha ! », explique un trentenaire vêtu tout de « jean » à son acolyte, la bière à la main. Un autre, en « live » avec son téléphone portable, s’amuse d’avoir fait partir Luc Ferry…
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