11 septembre 2019
Tariq Ramadan, le droit contre la décence ! (Présent)

**Présent **- On le savait dangereux, fourbe, retord et rhétoricien, manipulant comme personne les sophismes, l’art de la dissimulation et les faux-semblants. Bien malin qui parvenait à déchiffrer les émotions et le fond de la pensée de ce sphinx aux yeux rétrécis et au sourire léger. La justice quant à elle tente aujourd’hui de comprendre si derrière cet idéologue nauséabond se cache un prédateur sexuel de la pire espèce. De ceux qui utilisent leur statut pour arriver à leurs fins, de ceux qui harcèlent, violent et manipulent au nom d’Allah.
On aurait pu penser que l’islamiste helvéto-égyptien allait rester discret pendant cette période judiciaire mais hélas, c’est mal connaître l’arrogance de l’homme, proportionnelle à nos propres renoncements, puisque son livre Devoir de vérité, dont la publication avait été suspendu par la justice à la demande de la plaignante principale, anonymisée par le prénom « Christelle ». La raison ? Ne reconnaissant pas le droit à l’anonymat, Ramadan a cité son vrai nom à 84 reprises dans son livre.
Hélas, trois fois hélas, malgré le recours des avocats à l’article 39 du droit de la presse qui prévoit que « diffuser, par quelque moyen que ce soit et quel qu’en soit le support, des renseignements concernant l’identité d’une victime d’une agression ou d’une atteinte sexuelles ou l’image de cette victime lorsqu’elle est identifiable, est puni de 15 000 euros d’amende » et que ces dispositions *ne sont pas applicables lorsque la victime a donné son accord écrit afin de rétablir *le nom de Christelle à la place de sa véritable identité, la cour a tranché en faveur de l’islamiste. L’avocat de la plaignante, Maître Eric Morain, qui défend les intérêts de « Christelle », a, quant à lui, concédé que Devoir de vérité soit « publié au pays de Voltaire ». « Mais ceux qui se joindront à la meute se rendront coupables de la même faute », a-t-il ajouté.
Las, le livre de Tariq Ramadan est bien sorti ce 11 septembre et ce dernier est en pleine promotion dans différentes associations cultuelles islamiques. Même si certains de ses anciens amis lui ont tourné le dos, choqués par les justifications de Ramadan qui reconnaît des relations extra conjugales. Une posture « contraire aux valeurs de l’islam », ces sages musulmans dénoncent ce comportement « alors même que Ramadan bénéficie d’un fort soutien parmi les jeunes ».
« J’ai participé à la première cagnotte de soutien et aux campagnes de défense de Tariq Ramadan sur les réseaux sociaux mais aujourd’hui j’ai honte. Ce monsieur a utilisé la religion pour assouvir ses besoins pervers. Il a détruit des vies. Je demande pardon à toutes les victimes. » a pour sa part réagi un internaute. Mais cette réaction est épisodique. L’immense majorité des soutiens de Ramadan continuent de le soutenir.
C’est justement ce soutien aveugle qui pose problème. « Complot franc-maçon, sioniste, islamophobe, français, international » … Tous les qualificatifs sont bons pour défendre le bon Docteur. Et l’une de ses plaignantes, Henda Ayari, est aujourd’hui la victime quotidienne d’insultes, de menaces de morts et de lynchages.
« Marre de vivre dans l’angoisse et la peur depuis des années ! Marre de devoir me camoufler pour ne pas être reconnue dans la rue ! Marre de subir harcèlement, insultes, intimidations au quotidien ! Marre de la pression ! Trop c’est trop ! » s’est-elle exclamée sur Twitter.
Lâché par ses soutiens, Ramadan tente une ultime opération de communication, qu’il sorte un livre s’il le désire, contrairement à ses pairs, nous respectons sa liberté d’expression. Puisse-t-il en faire usage en prison. Là où devrait être sa place depuis des années.
Etienne Defay pour Présent