13 novembre 2019
Terrorisme : une menace toujours réelle

Quatre ans après les attentats de Paris, la France n’en a pas fini avec la menace terroriste. Malgré une série d’annonces et la mise en place de plusieurs dispositifs, l'exécutif n’arrive pas à mettre fin à la terreur islamiste. Ce mercredi, les hommages aux victimes des attaques terroristes les plus meurtrières sur le territoire national se sont multipliés. Une journée symbolique qui rappelle que la France reste une cible de choix.
Quatre ans après, la France n'oublie pas
C'était il y a quatre ans jour pour jour. Le soir du 13 novembre 2015, Paris et sa proche banlieue étaient frappées par une série d'attentats terroristes menée au nom de l'Etat Islamique. Le Stade de France, quatre terrasses de café et restaurants, puis le Bataclan... le commando terroriste a semé la mort sur son passage faisant plus de 130 victimes et 350 blessés, soit les attaques terroristes les plus meurtrières en France. Quatre ans plus tard, l'émotion est toujours vive et les hommages se répètent année après année avec toujours le même mot d'ordre : l'unité face à la menace islamiste.
Il faut dire que depuis cette nuit d'horreur dans les rues de la Capitale, de nombreuses attaques ont été perpétrées en France, sans compter les projets d'attentats déjoués par les services de lutte anti-terroriste. A Nice le 14 juillet 2016 , le père Hamel à Saint-Etienne du Rouvray, la fusillade sur les Champs-Elysées, l'attaque au couteau sur le parvis de la gare Saint-Charles à Marseille et dans le 2ème arrondissement de Paris, à Trèbes et Carcassonne symbolisé par le sacrifice du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, le marché de Noël de Strasbourg en décembre 2018 pour finir par l'attentat à la préfecture de police de Paris.
Ainsi, depuis le 13 novembre 2015, 106 personnes sont mortes lors d'attaques islamistes en France et ce, en dépit, des annonces successives faites par les présidents Hollande et Macron. La plus célèbre d'entre elles, la mise en place de l'état d'urgence décrétée à la suite des attentats du 13 novembre.
Une série de mesures annoncées, mais qui, 4 ans après, laissent toujours un goût amer. Et le passage de flambeau à Emmanuel Macron n’a pas vraiment changé la donne. D'ailleurs, il y a quelques semaines, le locataire de l'Elysée a appelé à combattre l'hydre islamiste à la suite de l'attentat à la préfecture de police de Paris. Un même discours avec les mêmes effets. S'il est vrai que le sentiment de menace apparaît moins élevé, la France n'en demeure pas moins le pays de l'union européenne le plus touché par le terrorisme islamiste. Pour ne parler que de l’État islamique, 54,3 % des attentats revendiqués par Daech dans l’Union européenne ont eu lieu sur notre territoire. Un bilan auquel il faut également ajouter les victimes militaires déployées en opération extérieure, et notamment au Sahel.
La menace djihadiste toujours bien présente
En réalité, la menace djihadiste n'a pas diminué, elle a simplement évolué. Si le risque de “menace projetée" avec des commandos venus -ou revenus - de l’étranger comme ceux du 13 novembre est plus faible, conséquence des opérations militaires en zone irako-syrienne aboutissant dernièrement à la mort du chef de l'Etat islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi, le risque d'un retour de terroristes français ou étrangers est grandissant. Depuis la chute du califat, on estime entre 7 000 et 9 000 le nombre de combattants étrangers de Daesh en liberté. Parmi eux, de nombreux francophones tunisiens, marocains et algériens pour qui la France demeure l’objet de rancœurs et une cible de bien plus haute valeur que leur pays d’origine. Parmi ces combattants figurent 1 300 Français dont 325 sont décédés sur place. 286 en sont revenus et sont soit incarcérés en France, soit suivis par les services de renseignements. 200 autres sont détenus dans les camps du Kurdistan syrien, 14 en Irak. Mais 350 individus ne sont actuellement pas localisés. La menace des revenants, donc, mais également l'inquiétude du milieu carcéral. Depuis le début de l'année, 109 détenus radicalisés, dont 45 condamnés pour des faits de terrorisme, ont retrouvé la liberté. D'ici 2022, 75% des condamnés pour terrorisme auront purgé leur peine. De quoi faire perdurer encore un peu plus la menace terroriste...
Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir