23 janvier 2020
Vendredi noir : grève, le retour

Alors que les usagers ont repris leurs petites habitudes depuis lundi, l’intersyndicale prévoit un vendredi noir dans les transports à Paris. Une journée de mobilisation qui se veut massive mais qui ne devrait pas relancer le mouvement social pour autant.
Vendredi noir à Paris
Un Vendredi noir comme dernier épisode d’une grève qui aura duré plus d’un mois et demi ? C’est probablement ce qui se profile à Paris où le mouvement social a été le plus ressenti dans le pays. Une mobilisation que les derniers grévistes veulent massive… une mobilisation qui pour eux pourrait permettre de donner un nouveau souffle… un scénario assez peu probable cependant.
Le ralliement de la CFDT et la longueur de la mobilisation qui aura été coûteuse pour les transports publics mais aussi pour de nombreux grévistes mobilisés ainsi que la détermination de l’exécutif aura eu raison du mouvement de grève.
Et si la réforme des retraites qui voulait mettre en place un régime égalitaire et universel n’est finalement ni universel, ni égalitaire, et condamne inévitablement les prochains gouvernants à engager d’autres réformes, le combat qui a opposé les syndicats contestataires à la majorité a été remporté par LREM.
Une victoire que les syndicats les plus virulents, SUD en tête, ne laisseront pas impunie. Pour vendredi, les contestataires entendent mettre en place un blocage total, l’UNSA RATP suivra aussi ce mouvement pour la journée de vendredi. Exit donc la grève illimitée et bonjour les actions ponctuelles et ciblées.
Ainsi « Solidaires RATP » revendique de son côté un changement de stratégie avec un objectif maintenu : le retrait de la réforme… quitte à engager une stratégie de harcèlement continuel.
Ici et là certains secteurs devraient aussi engager une ultime charge… comme en témoigne le blocage du port de Marseille mercredi. Les coupures de courants aussi pourraient se multiplier. Des actions que le gouvernement redoute tout particulièrement. Et pour cause, les militants à l’origine de ces coupures encourent certes un licenciement mais ne sont pas identifiables ! Des actions coups de poings nuisibles et qui permettent une certaine médiatisation mais qui semblent surtout motivées par l’énergie du désespoir. En effet, en cas de multiplication de grève surprise, de blocage total ou de coupure de courant, l’opinion, jamais très favorable aux actions radicales aura tôt fait de se ranger du côté de la majorité.
Difficile d’imaginer le mouvement reprendre de plus belle… la manifestation parisienne de vendredi, qui partira de la place de la République pour arriver à la Concorde, devrait être un indicateur clair de la baisse de la mobilisation. Ajoutez à cela quelques provocations policières et un petit raffut piloté en haut lieu et le mouvement pourrait se trouver très affaibli.
Ce sujet sera abordé lors du JT de TV Libertés de ce soir.